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Regards Albatros photo Chris Jordan- 2p – 13.02.2014 – écologie

Regards Albatros

Gustave Massiah
10 février014

Photo de Chris Jordan

Qu’ils sont tragiques ces quelques restes de l’Albatros l’estomac encombré par les débris de plastiques qui l’ont étouffé. Au-delà de la mort il nous renvoie plus qu’une photo, un plan coupé de notre civilisation !

Les déchets ne sont pas seulement un sous-produit de la consommation. Ils en sont un des signes. L’emballage l’emporte sur le contenu, le transcende. Il dure au-delà de l’usage. La marchandisation l’emporte sur le marché, l’accumulation de déchets l’emporte sur l’échange.

Les plastiques ternes, jadis rutilants, ne sont pas biodégradables ! Ils rappellent les limites de ce que la Nature peut faire, peut absorber. L’Albatros étouffé par les déchets, est mis à mort par la démesure d’une civilisation qui ne se soucie nullement de ce qu’elle laisse derrière elle, de ce qui se retrouve devant elle et qui préfigure son avenir.

Ne peut-on lire dans les vers des Fleurs du mal de Baudelaire, une parodie de la consommation éperdue dans la marchandisation. « Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule! Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid! ». Baudelaire comparait l’albatros au poète. Que reste-t-il du poète quand la culture est ramenée à la consommation ; quand la consommation prétend résumer la culture.

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