Présentation de l’aitec
Gustave Massiah
20-07-2020
L’AITEC, Association Internationale de Techniciens, Experts et Chercheurs, a été créée en 1983 par des experts et chercheurs militants, ainsi que des syndicalistes, urbanistes, économistes, ingénieurs, juristes, avocats, techniciens d’entreprises ou du secteur public, qui avaient la volonté de lier leur pratique professionnelle et leur engagement politique. L'Aitec devait permettre de construire une expertise ancrée dans les luttes sociales et d'élaborer des propositions alternatives. A partir des années 1990, l’Aitec dont plusieurs membres étaient liés au Cedetim s’est affirmée comme une association de solidarité internationale engagée pour la justice économique, sociale et écologique. À travers la recherche, le plaidoyer et l’appui aux campagnes et aux mobilisations des mouvements sociaux et citoyens, l’Aitec a participé à la construction d’une expertise ancrée dans la résistance et l’action critique.
L’Aitec s’est inscrite dans le mouvement altermondialiste et a défini son action à partir des mouvements sociaux et citoyens. Elle a participé à la création d’IPAM, Initiatives Pour un Autre Monde, avec le Cedetim, l’Assemblée européenne des citoyens, le Cedidelp, Echanges et partenariats. Elle s’inscrit dans la stratégie d’IPAM en participant au CRID, à ATTAC, aux Forums Sociaux Mondiaux, aux mouvements pour les droits des migrants, aux mouvements contre les discriminations.
L’Aitec considère que les mouvements sociaux et citoyens qui luttent pour la justice et l’égalité des droits sont les principaux acteurs du changement social, écologique, démocratique et géopolitique. Elle met son expertise au service de ces mouvements et aide ces mouvements à développer leur propre expertise. Elle a pris acte du développement de l’expertise interne dans les mouvements et accueille de nombreux experts salariés de ces mouvements. L’Aitec a de plus en plus orienté son action vers la définition et le renforcement de l’expertise citoyenne, sous ses différentes formes. Dans ce cadre, elle privilégie l’alliance stratégique entre les mouvements sociaux et citoyens d’une part, et les différents centres de scientifiques, de chercheurs et d’universitaires.
Le premier groupe de travail de l’Aitec, sur la dette des pays du tiers monde a défini la méthodologie des groupes de l’Aitec. Formé de spécialistes de la question de la dette, de militants de mouvements du Sud et du Nord luttant contre la dette et d’universitaires et de chercheurs. Il a publié des déclarations internationales qui ont eu beaucoup d’échos. Il a animé les campagnes du CRID et du Forums Social Mondial. Il a maintenu un groupe de veille sur la dette pendant plusieurs années. Il a contribué activement aux sessions du Tribunal Permanent des Peuples et aux campagnes internationales.
le groupe de travail de l’Aitec sur l’expertise non patronale, c’est à dire l’expertise auprès des instances représentatives du personnel des entreprises (loi Auroux) a organisé avec les principaux syndicats plusieurs rencontres dont une sur le thème « Quelles positions pour l’expertise non patronale face à des licenciements ». Il va ouvrir un nouveau programme sur la démocratie dans l’entreprise.
L’Aitec s’est engagée depuis janvier 2010 dans un programme intitulé « Pour des politiques commerciales en faveur du développement : Favoriser la mobilisation citoyenne ». Ce projet a été mené en collaboration avec quatre partenaires européennes : TRAIDCRAFT EXCHANGE (Angleterre), WEED (Allemagne), OXFAM-Allemagne ; COMHLÁMH (Irlande). L’objectif global de ce projet était de construire un soutien populaire pour encourager le développement de politiques commerciales européennes qui contribuent à atteindre notamment les Objectifs du Millénaire pour le Développement.
L’Aitec a développé sa réflexion autour de plusieurs thèmes et a progressivement structuré ses activités sur les thématiques de travail : commerce et investissement, justice écologique/alternatives à l’extractivisme. Cette approche transversale réinterroge la place et le rôle de l’État, la répartition des pouvoirs, les nouvelles formes de régulation de l’activité économique, l’expertise et le contrôle citoyen/démocratique sur les politiques publiques. En lien étroit avec les politiques de commerce et d’investissement, la résistance aux politiques extractivistes (énergies fossiles, minerais rares) et pour la défense du droit à l’environnement est au coeur de luttes sociales. L’Aitec a été un des participants actifs à la campagne "Stop impunité - Des droits pour les populations, des règles pour les multinationales" en 2019 et 2020. Des prolongements sont en cours pour une politique climatique ambitieuse, une alliance avec une partie du mouvement climat autour d'un axe structurant "investissement-climat"
L’Aitec a organisé avec Global Chance et Sciences Citoyennes trois colloques qui ont eu un grand impact dans la communauté scientifique : Sciences, Progrès et Développement en1993 ; Sciences, Pouvoir et Démocratie, en 1996; Le principe de précaution en 2003. Les trois associations ont lancé un nouveau programme en cours, Sciences, Sociétés et Démocratie dont l’objectif est de construire l’alliance stratégique entre les scientifiques, universitaires et chercheurs d’une part et les mouvements sociaux et citoyens de l’autre. Il s’agit de contester les modalités dominantes d’élaboration de l’expertise par la technoscience et ses alliés industriels et financiers, pour ramener l’expertise citoyenne au cœur du processus de décision démocratique, de renforcement de la société civile
Les questions urbaines sont au centre des préoccupations de l’Aitec depuis sa création. L’Aitec soutient les mobilisations et participe aux réflexions et à l’élaboration de politiques sur le droit au logement et à la ville. L’Aitec participe à la Plateforme logement des mouvements sociaux animée par le DAL, aux collectifs « Pas Sans Nous », « Des Ponts Pas Des Murs », à la Coalition Européenne pour le droit au logement et à la ville animée par le DAL/No Vox. L’Aitec participe au processus des Forums sociaux ainsi qu’à la Plateforme des Droits économiques, sociaux et culturels initiée par le CRID et Amnesty International.
Sous l’intitulé « Les liens entre la recherche, l’expertise citoyenne et les mouvement sociaux urbains : état des lieux », l’AITEC a engagé une démarche visant une analyse (y compris rétrospective) des relations et des apports réciproques entre chercheur-e-s universitaires / académiques / bureaux d’études et mouvements citoyens inscrits dans des actions menées conjointement pour le droit à la ville et le droit au logement. Il s'agit de questionner la place de l’expertise citoyenne dans la transformation sociale, les lieux de construction de l’expertise citoyenne, les méthodes de recherche-action et la production de savoirs partagés.
