HLPC and BRIDGE Initiative meeting
Gustave Massiah presentation
01-10-2008
Allow me to present you seven hypothesis.
1.
We are in a particular situation and we have to face, at the same time, the present crisis and its dangerous implications and to open opportunities to create long term alternatives.
You are in the high level of public responsibilities and we are greatly interested to
exchange on strategies in the meaning of articulation of urgency and alternatives.
2.
As part of the civil society, we call for more international regulations, but we think that these regulations doesn’t come only from international institutions acting as representatives of the State members.
Let us admit that the responsibilities of international institutions and the policies they promoted have a part in the present crisis. We are not here to discuss this question.
We think that the discussion on new policies have to be largely open to all the component of societies, including economic actors, and not only transnational corporations, local authorities and civil societies.
And we add that the right fort development, as it was said in the UN declaration of 86, is the right for each people to choose its own model for development and democracy ; according the fact that the aim of democracy is the expansion of rights and freedom, individually and collectively.
3.
As part of the civil society, we propose to give the priority, in the regulatory international system, to the international law, and to base this law on the access to rights for all.
So the UDHR, Universal Declaration on Human Rights, will not be only a declaration, it could move to be a program, and also a tool, as shown by the Additional Protocol of economic, social and cultural rights, and its enlargement to environmental rights.
4.
The MDGs, Millenium Development Goals, is an attempt in that direction.
As part of the civil society, we have three concerns that we would like to discuss with the UN system :
- the goals of the MDGs cannot be restricted to only half of the world population
- the financing of the MDGs need structural changes
- the implementation of the MDGs concern all the actors, but we want to emphasize on local authorities and civil societies, and on their strategical alliances.
5.
There is a big danger and urgency. The measures for facing the financial and economic crisis cannot be organised around public intervention to socialize the financial institutions losses. The responsibilities of speculations have to be openly showed and driven to justice.
The massive redistribution of revenues to the poor is the first priority, as said by GCAP, the Global Campaign Against Poverty.
It is one of the only way if we want to avoid the evolution to fascism, to integrism of several forms, and to wars,
6.
As a part of the civil society, according to the global governance, without reducing the major role of the national and state level which is always indispensable for organizing solidarity, we are particularly interested with the local level for territories. We are also interested with the geocultural and geopolitical regional level. And we want to focus the need for growing responsibilities of the transnational corporations and economic actors.
7.
As a part of the civil society, we think that a strategical alliance is possible, and needed, between the UN system and world civil society components.
We can learn from you ideas, particularly with the management of the international system. And you can, perhaps, learn from our ideas and practices.
We are convinced that there is no possible implementation without local authorities, economic actors and civil societies.
As a part of civil society we can offer you to understand our culture and our three pillars : resistance to non acceptable evolution, and how to learn that to resist is to create and that there is creation in resistance ; elaboration and expertise with the citizen expertise that explores new ways and refuses fatality ; practices and experimentations as you can see it with so many examples, including at a large scale as for example the evolution of popular credit systems.
We can work together on specific fields to cross our approaches, as we will discuss later on the food crisis.
Votre comité est chargé de réfléchir aux enjeux globaux de la planète. Nous aimerions discuter avec vous de la réforme de la gouvernance globale du point de vue de la société civile.
Il nous faut d’abord préciser ce que nous entendons par là. Pour nous, la réflexion de la société civile sur la gouvernance diffère de celles des responsables politiques. Nous ne sommes pas des gouvernements et nous ne considérons pas comme en attente d’accéder à ce type de positions. Nous considérons que nous avons nos responsabilités dans la marche du monde et que nous devons nous y engager de là où nous sommes, sans jouer à des mécanos institutionnels. Nous nous situons dans un processus que nous faisons évoluer par nos actions et nos engagements. La légitimité de la société civile est complémentaire et non contradictoire avec la représentativité institutionnelle. Nous parlons non pas « au nom de » mais à partir de la dynamique sociale dans laquelle nous sommes inscrits. Nous parlons aussi à partir de nos projets et de nos perspectives, nous pourrions dire des sociétés civiles, mais nous voulons préfigurer une société civile mondiale qui construise une conscience universelle. C’est cette position qui s’exprime dans les FSM
Nous vous proposons de confronter nos analyses des défis stratégiques.
La situation à l’échelle mondiale peut être caractérisée par la conjonction de quatre crises structurelles qui marquent les différents niveaux de la transformation sociale. Il s’agit d’une crise du économique, d’une crise écologique, d’une crise géopolitique et d’une crise démocratique. Ces crises ne sont pas indépendantes, elles interagissent. C’est leur articulation qui caractérise les issues possibles ; c’est cette articulation que nous voudrions discuter.
La succession des crises économiques à moyen terme donne du crédit à l’hypothèse d’une sortie de la phase actuelle de la mondialisation marquée par une forte expansion du marché mondial des biens et services et par l’unification du marché mondial des capitaux. Plusieurs indices laissent penser que la logique de cette phase est entrée en crise. La nouvelle crise financière semble d’une particulière gravité. Ce n’est pas la première crise financière de cette période (Mexique, Brésil, Inde, Argentine, etc.) et elle ne suffit pas à elle seule à caractériser une crise structurelle. La déclinaison des différentes crises est plus singulière. La crise monétaire accroît les incertitudes sur les réaménagements des monnaies. La crise immobilière aux Etats-Unis révèle le rôle que joue le surendettement, et ses limites, en tant que moteur de la croissance. La crise alimentaire d’une exceptionnelle gravité peut remettre en cause des équilibres plus fondamentaux. L’approfondissement des inégalités et des discriminations, dans chaque société et entre les pays, atteint un niveau critique et se répercute sur l’intensification des conflits et des guerres et sur la crise des valeurs. Les institutions responsables de la régulation du système économique international sont en crise (FMI, Banque Mondiale, OMC).
Les réponses aux situations d’urgence s’imposent, mais elles ne permettent pas de répondre aux fondements structurels et de remonter aux causes. Le débat central dans ces conditions est le débat stratégique. Nous voudrions vous proposer de discuter des dimensions de ces stratégies. Celle du temps qui permet d’articuler le court terme et le long terme. Celle de l’espace ensuite et de l’articulation entre les niveaux locaux, nationaux, des grandes régions et mondiaux. Il nous semble que la gouvernance des grandes régions, et les marchés régionaux prennent une importance particulière. D’autant que les grandes régions (Asie du Sud, Moyen Orient, Amérique Latine, réagissent de manière différenciée à la crise de l’hégémonie géopolitique des Etats-Unis. Du point de vue des acteurs aussi, le contexte change. C’est le cas pour les stratégies des grandes entreprises, des Etats, des pouvoirs locaux et des mouvements sociaux et citoyens. Dans ce cadre, l’approche des multi-stakeholders présentent un réel intérêt.
Du point de vue de la société civile, les Forums Sociaux mondiaux ont permis une convergence des mouvements sociaux et citoyens. Ils ont fait émerger une proposition d’orientation alternative au renforcement sans frein du marché mondial et à la logique de l’ajustement structurel. Il s’agit de donner la priorité stratégique à l’accès aux droits pour tous et de laisser place pour ce faire à une nouvelle conception de l’économie intégrant de nouvelles démarches de redistribution. Il s’agit en quelque sorte d’aller jusqu’au bout de la logique amorcée par les Objectifs du Millénaire pour le Développement. Cette orientation recoupe les approches d’une approche renouvelée d’une régulation en économie ouverte et à l’échelle mondiale.
Les Forums sociaux mondiaux travaillent sur des stocks de propositions qui vont dans ce sens. Ils ont donné une visibilité à une expertise citoyenne porteuse d’une multiplicité de solutions. Depuis les années 90, des réseaux et des coalitions sectorielles construisent des nouvelles alliances. Des campagnes et des plate-formes se construisent à l’échelle mondiale en s’appuyant sur les sommets internationaux que les Nations-Unies, confrontées à la tentative de marginalisation par le G8, ouvrent à la société civile. Ainsi des propositions sur l’environnement, après Rio en 92 ; sur la situation des femmes, après Pékin en 95 ; sur les droits fondamentaux, après Vienne en 94 ; sur les droits sociaux, à Copenhague en 93, sur l’habitat et la ville après Istanbul en 96.
Des propositions institutionnelles ont été aussi avancées sur la réforme des institutions internationales et sur le rapport entre les Nations Unies et les sociétés civiles. C’est dans cette perspective que e situe l’action de Bridge Initiative.
C’est la conscience des grands dangers, mais aussi des opportunités qui s’ouvrent qui nous conduit à vous proposer de discuter et de travailler ensemble.
