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L’extrême droite n’est pas fatale – Siné mensuel – 1p – 28.01.2024 – Extrême droite

L’extrême droite n’est pas fatale

Gustave Massiah
18-01-2024

 

Nous vivons une période de changement radical ; une période de durcissement des contradictions dont l’issue n’est pas écrite[1]. Les rapports de production sont en mutation ; on peut en voir les premiers bouleversements avec l’écologie et la remise en cause de l’extractivisme, avec le numérique. Les bourgeoisies financières s’enrichissent sans vergogne ; les classes ouvrières se redéfinissent avec la généralisation du salariat, la scolarisation massive, l’évolution des techniciens et cadres, le rôle stratégique des migrations.

La montée de l’extrême-droite traduit la peur des bouleversements sociaux et culturels en cours. La crainte des changements portés par les mouvements féministes, écologistes, antiracistes alimente les mouvements réactionnaires au sens propre du terme. Elle se traduit par la violence des nationalismes et le refus des migrations.

Les périodes de crise radicale ont toujours commencé par une montée de l’extrême-droite, avant de se traduire par des réactions de gauche radicale, puis de donner naissance, dans le passé, à de nouvelles phases du capitalisme. La crise de 1873 à 1894, avec Mac-Mahon en 1877, a donné aussi La Commune et la 1ère Internationale. La crise de 1929, de 1914 à 1945, avec deux guerres mondiales et le fascisme, a donné aussi les révolutions bolchevique et chinoise ; elle a développé le capitalisme fordiste. La crise de 1976, a commencé avec une nouvelle extrême-droite très offensive ; elle a donné aussi les chocs pétroliers et la montée des pays du Sud ; elle s’est traduite par l’imposition du néo-libéralisme.

La crise financière de 2007-2008 est venue interrompre l’euphorie qui avait accompagné la chute du mur de Berlin. Elle rappelle que le capitalisme n’est pas éternel ; il a eu un début et il aura une fin ! La période actuelle commence par la montée des alliances entre les droites et les extrêmes droites. Et par la généralisation de l’autoritarisme. Trump et Musk en illustrent les folies. En réponse, des mouvements radicaux mettent en avant le féminisme, l’écologie, l’antiracisme, la démocratie locale, les peuples premiers. Ils renouvellent les luttes de classes. Ils explorent les voies d’avenir.

[1] Gustave Massiah, Un changement de période historique ; la crise structurelle et la montée de l’extrême droite ; 25-08-2024 - https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article71911

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