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Repenser le développement – DPPDM – 1p – 13.01.2019 – Développement – solidarité internationale

DPPDM

Repenser la solidarité internationale et le développement

Gustave Massiah
12-01-2019

 

Plusieurs de nos associations sont arrivées à la conclusion qu’il fallait refonder la solidarité internationale et que pour cela il fallait repenser le développement. Le développement semble aujourd’hui aller de soi pour définir la transformation des sociétés et du monde. En fait, la notion de développement apparaît de manière relativement récente. On relève quelques traces au début du 20ème siècle, mais en réalité elle s’impose à partir des années 1950, à partir de la question nouvelle des pays décolonisés. On les appelle alors sous-développés. Et la notion de développement va s’imposer à partir de la notion de sous-développement. La conception implicite est celle du rattrapage. Il y aurait donc une voie unique de la transformation des sociétés pour arriver au niveau des sociétés industrialisées considérées comme les plus avancées.

Une première inflexion s’impose à la fin des années 1970 avec l’imposition du néolibéralisme qui est toujours le modèle de développement dominant. Le développement devient alors l’ajustement structurel de chaque société au marché mondial et plus directement au marché mondial des capitaux. La politique économique et sociale se résume alors à la séquence : marchandisation, privatisation, financiarisation. Ce modèle est contesté par le mouvement altermondialiste qui remet en cause l’ajustement structurel et la crise de la dette, dès 1980 ; qui refuse de subordonner le droit international au droit des affaires, dès 1989 ; qui organise la convergence des mouvements sociaux et citoyens dans les forums sociaux mondiaux, dès 2000. La crise financière de 2008 met en évidence les limites du modèle néolibéral.

Le modèle de développement et la notion même de développement sont remis en cause par de nouvelles contradictions. La plus importante est la prise de conscience des limites écologiques. L’organisation du système-monde est entrée en contradiction avec l’écosystème planétaire, pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité. L’urgence climatique introduit un changement de paradigme, une révolution philosophique ; le passage d’un temps infini à un temps fini. Le changement des rapports entre l’espèce humaine et la Nature bouleverse la conception du développement. D’autres contradictions s’imposent : les rapports sociaux sont bouleversés comme on peut le voir avec la révolution des droits des femmes ; les contradictions géopolitiques s’approfondissent avec  les tendances au multilatéralisme et une nouvelle phase de la décolonisation ; les révolutions scientifiques et techniques, celle du numérique et des biotechnologies, modifient les formes de production mais aussi le langage et l’écriture ; les migrations sont liées à une révolution du peuplement de la planète.

Pour l’instant, les forces dominantes tentent d’imposer un maintien des dogmes actuels du développement en passant à un néolibéralisme qui combinerait austérité et autoritarisme. Elles ne pourront pas empêcher l’obsolescence de la notion de développement dans sa conception actuelle. Les idéologies racistes, xénophobes, sécuritaires sont mises en avant en utilisant les migrants comme boucs émissaires. Les migrations expriment les impasses actuelles : les migrations économiques avec les inégalités entre les pays et les régions ; les migrations politiques avec la multiplication des guerres, des conflits et des répressions ; les migrations environnementales les déplacements massifs et le risque d’une planète inhabitable.

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