"50 ans de coopération (française) au développement"
Séminaire du 24 février 2020
L'Histoire des référentiels, des concepts structurant la pensée du développement
(comparaison France/ international)
Quelles sont les propositions actuelles pour le futur de la coopération internationale post-néolibérale ?
Le cadre multilatéral de la coopération internationale – A partir de Bandung
Quelques pistes
Gustave Massiah
24-02-2020
1.
La décolonisation est l’élément déterminant de la longue période et n’est pas achevée
L’évolution des définitions de la coopération :
Participation à une œuvre commune
Politique d’échange et d’entente entre Etats
Aide aux pays moins développés
Deux entrées complémentaires :
L’évolution de la conception du développement (en résumé, la transformation des sociétés)
L’évolution géopolitique, du système international et des institutions internationales
Prendre en compte, en parallèle :
- la Coopération bilatérale
Les rapports entre Etats et l’évolution géopolitique
- la Coopération multilatérale
Les institutions internationales et les Nations Unies
Partir de la décolonisation :
Les conséquences de la décolonisation dans les rapports entre sociétés, entre Etats, sur le système international
La décolonisation n’est pas une histoire linéaire ; la décolonisation n’est pas achevée
2.
Une périodisation des soixante-quinze dernières années
Une périodisation de la période longue, depuis 1945, à partir des tendances dominantes dans chaque période, et aussi des contradictions, des contre-tendances et des résistances. Cette périodisation permettra de prendre en compte les continuités et les ruptures. Dans chaque période, il faudra prendre en compte la conception du développement, d’une part, les institutions internationales, d’autre part.
La périodisation proposée est la suivante :
1945 à 1980 : La première phase de la décolonisation, l’indépendance des Etats
1947 à 1955 : les premiers Etats indépendants
1955 à 1967 : de Bandoeng aux Non Alignés (Tiers monde et Sud)
1968 à 1974 : les mouvements des années 1968 dans le monde
1974 à 1980 : la hausse des prix du pétrole et l’endettement
1980 à 2008 : Le triomphe du néolibéralisme
1980 à 1989 : néolibéralisme, dette et PAS
1989 à 1999 : la chute du mur de Berlin, l’OMC, les guerres
1999 à 2008 : les mouvements, les BRICS, le FSM
A partir de 2008 : les crises structurelles
2008 à 2011 : crise financière, l’austéritarisme
2011 à 2019 : les insurrections (49 en 2019)
Depuis 2019 : la crise de la pandémie et du climat
Dans cette séance, compte tenu du temps, nous mettrons l’accent sur deux moments :
1955 à 1967 : de Bandoeng aux non alignés
1989 à 1999 : les réponses des Nations Unies
3.
Bandoeng et la recherche d’une voie de développement correspondant à l’indépendance des Etats.
L’histoire des luttes anticoloniales est très longue. Le Congrès des Peuples d’Orient, à Bakou en 1920, propose l’alliance stratégique entre les mouvements de libération nationale et les mouvements communistes. Le Congrès des Peuples Opprimés, à Bruxelles en 1927, met en avant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et l’indépendance nationale. De 1947 à 1955, ce sont les indépendances de l’Inde et du Pakistan en 1947, de la Chine en en 1949. Ce sont aussi les révoltes et les massacres (Sétif en 1945, Haïphong en 1946, Madagascar en 1947).
En 1955, a lieu, à Bandoeng, la rencontre des 29 premiers Etats indépendants d’Afrique et d’Asie.
Du point de vue de la conception du développement et des alliances politiques et militaires, deux voies s’opposent à cette époque : la voie occidentale, celle des accords de Bretton Woods ; la voie soviétique, celle du Pacte de Varsovie
La conception occidentale du développement s’appuie sur les références au Plan Marshall (1947 à 1951) qui met en avant la reconstruction et la lutte contre l’expansion soviétique. Elle s’appuie aussi sur les références au plan Mac Arthur en Corée (1945 à 1954) qui appuie la productivité sur la concurrence et le démantèlement des monopoles. Le discours de Truman en 1954, parle du développement à partir de la lutte contre le sous-développement. La conception que défendent les institutions de Bretton Woods (FMI, Banque Mondiale, Société Financière Internationale) est celle du rattrapage. L’orientation part de la définition de Rostow sur les cinq étapes du développement économique. La coopération occidentale va trouver son modèle avec la création, en 1961 de l’USAID : lutte contre la pauvreté, croissance économique, démocratie qui est menée de concert avec les services de renseignements.
La conception soviétique s’appuie sur le Pacte de Varsovie de 1955, jusqu’en 1991, en fait jusqu’à l’irruption de la prerestroika, avec Gorbachev, en 1985. Il s’agit d’un traité d’amitié, de coopération et d’aide mutuelle qui répond à la création de l’OTAN en 1949. Il repose sur la priorité à l’industrie lourde, une agriculture subordonnée à l’industrialisation (main d’oeuvre, matières premières et débouchés), le plan quinquennal et le parti unique.
Bandoeng va marquer la recherche d’une troisième voie de développement. Elle transparaît déjà à travers les expériences des nouveaux Etats présents à Bandoeng. Tito met en avant l’autogestion qui va tenter beaucoup de nouveaux Etats dans la période qui suit les indépendances. L’Inde met l’accent sur la sidérurgie et n’adopte pas le parti unique. La Chine met en avant la place centrale de la paysannerie. Nasser propose une alliance entre les capitaines de l’armée, les syndicats ouvriers et la petite bourgeoisie urbaine ; il va nationaliser le Canal de Suez. Nkrumah va mettre en cause le néocolonialisme, proposer une unité africaine, proposer une monnaie unique entre le Ghana, la Guinée et le Mali. Soekarno développe l’éducation à une grande échelle.
Il n’y a pas d’élaboration d’une conception unifiée, mais il y a des ouvertures. Ces propositions vont être décriées, oubliées. Pourtant, elles ouvrent des perspectives, au-delà de la croyance générale à la croissance fondée sur le progrès. La volonté d’autonomie des nouveaux pays indépendants va d’ailleurs peser sur les autres conceptions. La Banque Mondiale va tenter de proposer, « les basic needs » et « small is beautiful ». L’Union Soviétique va être confrontée à la rupture avec la Chine qui n’a pas signé le traité d’amitié, et qui rompra avec la lettre en 25 points, en 1965, du PC Chinois au PC Soviétique. Elle va chercher à se rapprocher de l’Inde. La référence aux trois conceptions va durer longtemps ; par exemple, en 1980, pour la préparation du 2ème plan quinquennal au Congo Brazzaville, on retrouve un bureau du Gosplan, la Coopération Française avec Total, et un groupe créé à l’initiative de Ambroise Noumazalaye à partir d’anciens de l’IDEP.
A partir de Bandoeng va se développer un débat très riche sur la question du développement. Charles Bettelheim travaille sur la planification et le capitalisme d’Etat ; Samir Amin va proposer le développement inégal et la déconnexion ; il fera de l’IDEP un centre alternatif de réflexion internationale ; Immanuel Wallerstein prolonge Fernand Braudel avec les systèmes-mondes ; André Gunder Franck approfondit les théories de la dépendance ; le CEPAL en Amérique latine propose la substitution des importations ; René Dumont de 1962 et 1974 met en avant l’agriculture et l’écologie ; le Père Lebret et Economie et Humanisme proposent la participation, expérimentée sous le gouvernement de Mamadou Dia ; Jacques Bugnicourt crée ENDA Tiers Monde en 1972 ; François Partant publie La Fin du Développement ; ..
Cette ouverture de Bandoeng va se prolonger dans trois directions : la poursuite de la décolonisation, les politiques de développement des nouveaux Etats, les débats aux Nations Unies.
Bandoeng va jouer un rôle très important dans la poursuite de la décolonisation. Les indépendances vont se succéder, particulièrement dans les années 1960 et l’indépendance de l’Algérie en 1962. Le représentant du FLN à Bandoeng était Hocine Ait Ahmed. Ce sera aussi la défaite américaine au Vietnam en 1975, l’indépendances des colonies portugaises en 1975, la fin de l’apartheid en 1990. La Tricontinentale correspond à l’élargissement du mouvement à l’Amérique Latine et la recherche d’une radicalité dans l’évolution des nouveaux Etats. La Conférence de La Havane en 1966 n’a pas connu de suite, en rappelant l’assassinat en 1965 de Mehdi Ben Barka qui avait joué un très grand rôle dans sa préparation. La question de la décolonisation va changer de nature, même s’il reste des pays encore colonisés. Les trois questions nouvelles sont : la place des Etats dans le système international ; la nature et l’évolution des Etats et des sociétés ; les conséquences de la colonisation dans chaque société et dans l’ordre mondial.
Les politiques de développement des nouveaux Etats vont dans un premier temps poursuivre la recherche de nouvelles voies à la suite de Bandoeng. Dans un deuxième temps, l’orientation qui va se généraliser sera celle de la priorité à un Etat fort, condition considérée comme indispensable pour assurer le développement et l’indépendance. Le coup d’état de Boumediene en Algérie en 1965 va illustrer cette tendance. Elle ira de pair avec le parti unique. Les libertés démocratiques ne font pas partie de priorités. Nyerere fera, dès 1974, son autocritique sur le parti unique. La construction des nouveaux Etats verra l’installation de nouvelles classes dirigeantes qui seront renforcées par les coopérations bilatérales. Après les mouvements des années 1968, les coopérants permettront aux nouveaux Etats de compenser les résistances des petites bourgeoisies intellectuelles. Les tentatives d’indépendance seront étouffées avec l’appui des puissances protectrices.
Bandoeng sera prolongé par le Mouvement des Non Alignés. En 1973, le Mouvement des Non Alignés, réuni à Alger adopte le Nouvel Ordre Economique Mondial » qui sera voté aux Nations Unies en 1974. Il propose le contrôle des matières premières, le financement du développement, l’industrialisation, le contrôle des technologies, le contrôle des multinationales. L’affrontement a lieu avec les chocs pétroliers et des matières premières en 1973 et 1979. La création en 1975 du G5 qui deviendra G6, puis G7, organise la réaction : endetter les pays du Sud, imposer des plans d’ajustement structurel, mettre en place le néolibéralisme, contrôler les pays du Sud, accentuer la crise du bloc soviétique.
Pour conclure provisoirement sur Bandoeng, je voudrais rappeler l’intervention de Chou en Lai qu’il a repris à l’Assemblée Générale des Nations Unies : « Les Etats veulent leur indépendance, les Nations veulent leur libération, les peuples veulent la révolution ». La première phase de la décolonisation, celle de l’indépendance des Etats est à peu près achevée ; elle a réussi même si on en voit les limites. La deuxième phase de la décolonisation commence.
4.
Les Nations Unies et la conception du développement
La coopération multilatérale propose une orientation qui se devrait se référer à la Déclaration Universelle des Droits Humains. Elle n’a pas toujours les moyens de mettre en œuvre cette orientation. Il resterait à analyser l’évolution des institutions des Nations Unies. Il y a dix-sept institutions spécialisées et cinq Fonds et programmes de développement des Nations Unies, dont d’ailleurs les institutions de Bretton Woods. Leur efficacité est très variable en fonction de leurs sources de financement et de leurs programmes. Certaines ont des formes d’organisation intéressantes comme l’Unesco, l’Organisation internationale du Travail ou la FAO. Les grandes entreprises économiques du secteur concerné y jouent souvent un rôle prédominant. Elles ont permis de former des cadres de haut niveau des pays du Sud. Elles se sont aussi souvent bureaucratisées. Les coopérations bilatérales sont considérées comme plus efficaces parce que leurs objectifs sont mieux définis : il s’agit de maintenir des marchés, des complicités et des accords géopolitiques en bénéficiant de « cousinages » culturels. Dans la suite nous centrerons la discussion sur les orientations et les conceptions du développement et de la transformation des sociétés.
A partir de 1955, les nouveaux Etats entrent dans les Nations Unies. Ils posent la question de la décolonisation, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, de l’indépendance nationale et de la place des nouveaux Etats. Les Nations Unies n’avaient pas été créées pour prendre en compte la décolonisation, pourtant, elles se sont adaptées et ont joué un rôle très important. Rappelons l’importance du rôle des Nations Unies pour l’issue de la guerre d’Algérie. Les nouveaux Etats qui arrivent aux Nations Unies vont être confrontés au contrôle par les grandes puissances du Conseil de sécurité avec son droit de veto. Leur stratégie va consister à construire l’Assemblée Générale en contre-pouvoir du Conseil de Sécurité. Ce sera le rôle du Mouvement des non Alignés avec un double résultat contradictoire. Dans un premier temps, jusqu’en 1974, le Mouvement des Non Alignés va traduire le mouvement de décolonisation. Dans un deuxième temps, il va s’élargir jusqu’à représenter les deux-tiers des membres de l’Assemblée Générale, mais il va s’affadir du fait de son élargissement et de l’évolution de la nature des Etats.
Les Nations Unies sont l’espace de débat et d’affrontement sur la conception du développement. Il est intéressant d’en suivre l’évolution. A partir de Bandoeng, en 1955, jusqu’en 1974, le mouvement des Non Alignés fait passer la déclaration sur le Nouvel Ordre Economique International. A partir de 1980, la victoire du néolibéralisme se traduit par la montée en puissance des institutions de Bretton Woods et la marginalisation des Nations Unies. Les Non Alignés continuent leur pression aux nations Unies et obtiennent le vote en Assemblée Générale, en 1986, de la Déclaration pour le droit au développement qui reconnaît le droit, pour chaque pays, de choisir son modèle de développement. Mais il s’agit d’une victoire formelle. Le vrai débat se passe ailleurs.
En 1989, la chute du mur de Berlin confirme l’hégémonie occidentale, Etats-Unis, Europe et Japon. Le néo-libéralisme s’impose comme la doxa au niveau de l’hégémonie culturelle. Il s’agit de construire un système international en marginalisant encore plus les Nations Unies. C’est la proposition d’imposer l’OMC, l’Organisation Mondiale du Commerce pour compléter le FMI et la Banque Mondiale.
Ce sera l’occasion d’une bataille de dix ans avec le mouvement social mondial, autour du mot d’ordre « le droit international ne doit pas être subordonné au droit aux affaires ». En 1999, l’échec de la Conférence de Seattle retarde l’imposition de l’OMC. Celle-ci continue à fonctionner comme instance d’arbitrage mais la refondation d’un système international fondé sur Davos, l’OMC, le FMI et la Banque Mondiale est fortement contestée et remise en cause par la contestation des mouvements sociaux et par la crise financière de 2008.
Les Etats-Unis et le camp occidental décident de marginaliser les Nations Unies, en réservant la direction économique et la régulation aux institutions de Bretton Woods, renforcée par l’OMC, coiffée par le G7. Les Nations Unies ne sont pas restées inactives devant la stratégie de marginalisation. Elles ont participé au débat sur la conception du développement et lui ont donné une certaine légitimité. Koffi Annan a cherché de nouvelles alliances. Il a appuyé l’organisation des grandes Conférences multilatérales sur les questions urgentes. Les Nations Unies reprennent le débat sur le développement à partir des propositions qui ont été discutées dans les forums civils des grandes conférences multilatérales, à partir de 1992, à Rio (développement et environnement), à Copenhague (développement social), à Vienne (Droits de l’Homme), à Pékin (place des femmes), au Caire (population), à Istanbul (l’habitat et les villes), à Durban (racisme), à Kyoto (climat), à Johannesburg (lutte contre la pauvreté). Il s’agissait de définir les grandes lignes pour un développement durable qui soit économiquement efficace, écologiquement soutenable, socialement équitable, démocratiquement fondé, géopolitiquement acceptable, culturellement diversifié. Ces mobilisations ont permis de préserver la CNUCED et le PNUD ; elles se sont appuyées sur certaines des agences spécialisées telles que l’OIT ou l’UNICEF, elles ont renforcé de nouvelles instances, notamment à travers la Commission des Droits de l’Homme.
Ces conférences ont permis aux Nations Unies de construire des alliances avec les associations de la « société civile » et les associations d’élus locaux (à Habitat 2). Confronté aux offensives du Sénat américain qui s’attaquait au financement des Nations Unies, Kofi Annan négocie avec les grandes entreprises le Pacte Mondial (Global Compact). La divergence est forte avec les mouvements sociaux et les associations à but non lucratif qui contestent la définition donnée par les Nations unies des ONGs et de la société civile définie par l’ONU comme « l’ensemble des organisations qui sont en rapport avec l’ONU et ne sont ni des gouvernements ni des créations des gouvernements, incluant les associations de commerce, les parlementaires et les autorités locales ». Pour les mouvements sociaux, les acteurs économiques ne font pas partie de la société civile qui se définit « sans but lucratif ».
Les Nations Unies ont continué leur intervention sur la question des conceptions du développement en élaborant les huit Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) qui se sont achevés en 2015 et qui ont été prolongés par les 17 Objectifs pour le Développement Durable (ODD) qui devraient être atteints en 2030. Malgré les nombreuses concessions qui ont été faites sur les OMD et sur les ODD, on voit clairement apparaître la différence de conception sur les objectifs de développement. Pour les institutions de Bretton Woods (FMI, Banque Mondiale et OMC), il s’agit d’un ajustement de chaque société au marché mondial, plus particulièrement au marché financier et aux entreprises multinationales acteurs privilégiés du développement. Pour les acteurs des sociétés civiles, qui le rappelle sans cesse aux instances des Nations Unies, il s’agit de l’accès aux droits conformément à la Déclaration Universelle des Droits Humains.
On peut rajouter que les Nations Unies ont essayé de s’associer avec les courants hétérodoxes, par rapport à Bretton Woods, sur la conception du développement. Le Secrétaire Général des Nations Unies a confié à Joseph Stiglitz, Amartya Sen et Jean Paul Fitoussi en 2008 le soin de proposer des mesures par rapport à la crise de 2008. Le rapport a été parfois désigné comme une proposition d’un Green New Deal.
Celui-ci a été formellement accepté et vite oublié. Mais il faut se souvenir que le premier New Deal avait été adopté pat Roosevelt en 1933 mais n’avait été mis en œuvre qu’en 1945, après une guerre mondiale.
5.
Une vision africaine de la coopération
Pour conclure, je ne résiste pas à vous raconter l’intervention de Antoine Sawadogo, ancien Président de la Commission de la décentralisation au Burkina Faso dans une réunion internationale sur la coopération.
« Nos populations en Afrique ont vu arriver des nouvelles ethnies très puissantes. Elles s’appellent « banque mondiale », « coopération française », « usaid », « gtz », … Et nous en Afrique nous savons qu’il faut leur parler leur langue car elles n’apprendront pas les nôtres. C’est pourquoi nous payons très chers des experts pour rédiger des rapports qu’elles peuvent comprendre. Par rapport à ces ethnies, les populations ont inventé la stratégie de la grande dérobade. Quand ces ethnies arrivent et nous disent « voilà ce que vous allez faire », on dit « oui ! oui ! bien sûr ! » Et quand ils reviennent deux ans après pour nous évaluer et nous disent « mais vous n’avez pas fait ce que vous aviez dit que vous alliez faire !» on leur répond « excusez nous, nous n’avions pas compris ! »
