D’autres mondes sont possibles
Par Gustave Massiah, président du CRID
12-08-2003
L’Organisation mondiale du commerce (OMC) doit discuter ce mois-ci à Cancun d’une libéralisation plus poussée de l’agriculture, et de l’Accord général sur les commerces de services (AGCS) qui menace directement les services publics. Un pas de plus dans la subordination de chaque société au marché mondial.
Après l’échec de Seattle, en 1999, la Conférence de Doha, était parvenue en 2001 à un accord de façade pour masquer les contradictions qui menacent l’édifice de l’OMC. Mais celles-ci demeurent. Les pays du Sud mesurent leur subordination : l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud l’ont vérifié en particulier sur la question du SIDA où ils n’ont pas réussi finalement à faire plier les Etats-Unis à propos de la propriété intellectuelle sur les médicaments. Ils appellent l’ensemble des pays du Sud à exiger de véritables négociations. L'administration Bush a engagé la bataille pour imposer un cadre qui admette sans discussion la prééminence américaine, confirmant le choix par les Etats-Unis de l’unilatéralisme et des aventures militaires. Une fois de plus, l’Europe est à la croisée des chemins. Pascal Lamy, le commissaire européen qui négocie au nom de l’UE, redouble de ferveur néolibérale pour convaincre les Etats-Unis de respecter leurs engagements. Une position bien dérisoire au moment où la crise de la pensée libérale accentuée par les scandales comme celui d’Enron, confirme la faillite du système de régulation libéral mondial.
Le mouvement altermondialiste affirme que d’autres mondes sont possibles. A la régulation par le marché mondial il oppose l’égalité d’accès aux droits fondamentaux pour tous. Aux oukases du FMI, de la Banque Mondiale et de l’OMC, il oppose le droit international et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
