Autour de l’action et de l’assassinat d’Henri Curiel
Colloque du 13 et 14 novembre 1998
29-10-2002
Le point de vue de Gustave Massiah
Le colloque et l’hommage ont été réussis. Malgré les difficultés du parcours (trois lieux différents en deux jours), beaucoup s’y sont retrouvés et la présence a été nombreuse et soutenue. Elle a été aussi diverse en termes de génération et d’histoires d’engagements militants. A travers son action, la figure d’Henri Curiel qui s’est imposée est celle d’un homme libre ; libre dans ses projets et dans le choix de ses fidélités, libre aussi dans son appréciation des situations et dans l’entièreté de son engagement.
Le colloque a été marqué par un retour sur le passé plongé dans l’actualité. La liaison étroite entre la réflexion sur l’action passée et l’actualité des situations et des luttes résultait des questions abordées : l’Egypte, le Soudan, l’Algérie, la Palestine, le Chili, l’Afrique du Sud. Et, toujours les interrogations lancinantes et controversées du dialogue israélo-arabe et des rapports entre palestiniens et israéliens. A travers ces situations, plusieurs questions ont traversé les débats : l’appréciation de la situation géopolitique et des rapports entre les positions européennes et américaines, l’évolution du rapport entre résistances, lutte armée et terrorismes ; les assassinats politiques, le droit international et l’impunité ; l’histoire du rapport entre les mouvements historiques du communisme, du nationalisme révolutionnaire, de l’islamisme.
La solidarité internationale est plus que jamais d’actualité. La question mondiale pose en termes nouveaux l’articulation entre question sociale et question nationale. La discussion sur la stratégie de transformation sociale, marquée par l’interrogation sur les rapports entre parti, état, société, est au centre des nouveaux mouvements sociaux. Le mouvement de solidarité internationale, confronté à ses contradictions et à la recherche de son autonomie, s’inscrit dans un mouvement social qui ne peut plus ignorer la dimension internationaliste. L’apport spécifique du mouvement de solidarité internationale porte sur : l’actualité du mouvement d’émancipation des peuples, et particulièrement de la décolonisation ; la place stratégique de la liberté de circulation des personnes dans le monde ; la nécessité impérative de refonder le système international sur un doit international respectueux des droits individuels et collectifs.
