Le Forum Social Mondial de Mumbaï
Un premier bilan
Gustave Massiah
21-02-2004
Intervention de Gus Massiah
Gus Massiah tire un bilan qualitatif de ce quatrième FSM. Sur le point de :
► La restitution par les médias
Les médias en France sont partis sceptiques, avec l’idée d’un forum exotique et folklorique, un « forum-foire ». De plus, il faut noter qu’il y a un clivage entre les lignes politiques de la France très différentes des thématiques du FSM2004. En effet, l’universalisme de la politique française était tout à fait lisible en Amérique latine (d’où une bonne couverture des médias), mais pas en Inde.
Ces raisons expliquent pourquoi il y a eu moins d’impact des médias sur l’évènement.
Cependant, l’échec du forum de Davos a fait percevoir en France la montée de l’idée qu’on n’acceptait pas une économie mondiale néolibérale, ce qui a amené un sentiment plutôt positif des médias pour le FSM 2004.
« Aujourd’hui nous voulons des forums-foires, mais non pas foireux, car c’est une illusion de penser que le vrai forum, ce sont les bons séminaires organisés dans des salles… ». Nous avons rencontré à Mumbai, de nouvelles formes de mobilisation et d’expression qu’il faut exploiter.
► L’universalisation du mouvement
L’objectif d’universalisation du mouvement altermondialiste progresse et se trouve renforcé. En Inde, il y a eu un véritable élargissement social et culturel du processus, même si on regrette la faible représentation des pays africains et arabes par rapport à d’autres pays.
Cet élargissement montre que le problème du mouvement est celui de la durée pour atteindre ses objectifs en termes d’enjeux et d’ancrage d’idées.
► Les implications du FSM 2004 sur le processus des forums sociaux et le mouvement altermondialiste.
Pour que le mouvement altermondialiste devienne une force universelle de proposition, la résistance reste l’élément principal. En effet, les propositions n’ont d’intérêt que si la résistance est maintenue.
Après le FSE 2003 et le FSM 2004, il s’avère important de faire des propositions concrètes sur des thématiques. Pour se faire, il est nécessaire d’organiser des séminaires permanents qui puissent déboucher sur des forums thématiques (ex : forum de l’eau, des enfants, …) pour exprimer ce qui est porté par le mouvement à un certain moment sur des thèmes. Et faire surgir, à partir de propositions générales de consensus, des orientations.
Mais le mouvement altermondialiste peut-il aller plus loin en étant présent dans les négociations internationales ? A-t-on la capacité de se placer comme une force de négociation et faire des propositions ? Peut-on réintervenir sur des thématiques précises ?
Beaucoup a été fait, beaucoup reste à faire. C’est pour faire face à tous ces enjeux que le CRID, au travers de ses associations membres doit :
► Renforcer :
- L’idée du partenariat, qui donne une bonne visibilité de la diversité des relations avec le Sud ;
- L’idée de solidarité internationale (valeur portée par le CRID) pour tisser des alliances de réseaux ;
► Continuer :
- À s’élargir ;
- S’unifier ;
- Dans son appartenance au mouvement altermondialiste.
De l’idée que se faisaient les médias du FSM (Nouvel Observateur, le Monde, …), il y a eu un basculement très net qui a permis une couverture plus objective du forum.
Intervention de Gus Massiah : « Les enjeux du FSM4 »
Trois enjeux :
► Elargissement du mouvement :
- Elargissement géographique ;
- Elargissement du mouvement altermondialiste intégrant la vision des pays non-alignés
► Le rapport du mouvement d’altermondialiste et du mouvement anti-guerre : comment penser la relation entre l’économie et la question de la guerre ?
L’Inde offre un lieu de réflexion, un espace au contexte politique très particulier : rôle des partis politiques avec des réalités communistes, hindouistes, léninistes, musulmans, type de société féodale, démographie à l’échelle d’un continent.
► Les alliances du mouvement et son rapport aux Etats
- Existence d’une alliance possible du mouvement altermondialiste avec les Etats du Sud, notamment avec celui des vingt dont les leaders sont le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud, la Chine).
- Avancée notable pour le mouvement altermondialiste, car comme le dit Stiglitz (ancien vice-Président de la Banque Mondiale) « le mouvement altermondialiste a contribué à un retournement de l’opinion publique ».
A la suite de Gus, Ludovic Jonard de Architecture et Développement prend la parole pour aider à la compréhension du mouvement social indien et la situation sociopolitique en Inde.
