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Politique Nationale de Migration du Niger – Notes – 1p – 18.08.2020 – Afrique, migrations

Politique Nationale de Migration du Niger


Quelques réflexions

Gustave Massiah
Aout 2020

 

J’ai lu attentivement le document sur la Politique Nationale de la Migration.
Ce document est très intéressant.
En tant que définition d'une politique nationale c'est une proposition très aboutie.

La démarche est sérieuse et a été poursuivie, dans la durée, sur trois ans.
La méthode définie est rigoureuse.

J'ai apprécié la définition des orientations stratégiques :

L’objectif global : est de « Contribuer durablement à l’amélioration des conditions de vie des migrants et communautés hôtes ».

L’objectif spécifique est d’assurer « une gestion efficiente et efficace des questions migration ».

Les questions de sécurité ne sont pas absentes mais ne sont pas prédominantes dans le rapport

 

Le rappel du contexte à ses différentes échelles peut être précisé.

 

Au niveau du contexte international, il faut rappeler que le Pacte Mondial sur les migrations sûres, ordonnées et régulières, s’il comporte quelques avancées, n’est pas contraignant. De plus, il ne fait pas mention de la Convention internationale pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et de leurs familles, adoptée aux Nations Unies en 1990, et qui n’a été ratifiée par aucun pays européens ni par les Etats Unis.

Au niveau continental, le rappel de certaines des perspectives ouvertes par l’agenda 2063 de l’Union Africaine, précisé en 2018 est bienvenu. Notamment le passeport africain avec la suppression de l’obligation de visa pour les citoyens africains, l’union des africains et de la diaspora ; l’intégration régionale, la libre circulation des personnes et le renforcement des avantages de la migration. Par contre, on peut soutenir la proposition de faciliter les échanges à l’intérieur du continent africain tout en rejetant la notion de libre-échange mis en avant pour la création de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine et en définissant un modèle de développement africain qui articule le droit de vivre et travailler au pays, et de nouvelles localisations auto-centrées, avec le droit de libre circulation et de libre installation pour les personnes et de strict contrôle pour les capitaux.

Au niveau régional, le rappel de la liberté de circulation et d’établissement dans le cadre de la CDEAO ne doit pas faire oublier que l’Union Européenne s’est autorisée à la remettre en cause dans les négociations.

Une approche absente dans cette réflexion sur les migrations est celle du rapport entre migrations et cultures. On ne peut comprendre les migrations sans prendre en compte la culture et les dimensions culturelles. Les migrants mêlent de manière originale les cultures des pays d’origine, celles des pays d’accueil et celles des pays de passage. Ils combinent l’enracinement et le nomadisme. Le nomadisme n’est pas seulement une manière de vivre, c’est aussi une manière de comprendre le monde qui nous entoure, les cycles de la vie, les interactions avec la nature et la construction philosophique imaginaire du monde. La culture des migrants rappelle que le monde moderne peut beaucoup apprendre des cultures nomadiques.

D’une manière générale, le rapport fait très peu état des associations et des collectivités locales. Dans le comité interministériel, sur 54 membres, il y a un représentant d’une ONG, deux personnes ressources et aucun représentant des collectivités locales. Il n’y a notamment aucune participation précisée d’associations de migrants ou d’association de défense des droits des migrants.

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