L’accumulation

La photographie ne fixe pas une réalité objective. Elle la fait rêver. Elle bascule dans le fantastique. C’est la mise en scène d’une photo théâtre. Ce montage construit une composition et organise le choc des contradictions.
La cabane devient un cadre, un écran. Le récit est celui de l’évolution humaine. Celle du primate à l’astronaute, en passant par le néanderthalien, qui fut, ne l’oublions pas, le premier des migrants. Et en rappel de cette linéarité, un portrait cadre, celui d’un combattant de l’émancipation, celui du Che. Ceux qui racontent l’histoire et la photo sont dans le spectacle et dans la photo. Les indiens, appellation renouvelée des peuples premiers, sont toujours vivants à travers les générations. Ils racontent et écoutent l’histoire du monde. A travers la musique dans tous ses états. Dans l’orchestre et la fanfare qui rythment le spectacle. Et dans les ados qui écoutent l’orchestre d’une oreille, l’autre rivée à un radiocassette aux hauts parleurs démesurés.
La photo convoque l’imaginaire qui permet de voir ce qu’il y a derrière le décor, d’entrevoir la réalité du monde caché. La cabane, concept universel, chère à l’auteur de ces photos est un relai laissé par les anciens. Elle s’élargit et intègre son extérieur centré et illimité. Elle est le point de départ d’un spectacle qui n’est plus enfermé en elle, qui vit et se construit en dehors d’elle. Une photo inépuisable.
Gustave Massiah
14 décembre 2014
