Territoires et démocratie de proximité
Notes
Gustave Massiah
21-02- 2018
Le territoire est le support du politique. Il s’impose comme une dimension politique. Il porte la liaison entre les dimensions écologiques, sociales et démocratiques. Il concrétise le rapport à la Nature, Il est le support des cultures. Il construit du commun pour ceux qui y habitent ou qui s’y réfèrent. Il est le lien entre celles et ceux qui n’hésitent pas à se mobiliser pour le défendre. Il est au centre des stratégies contradictoires de celles et de ceux qui veulent l’aménager.
L’échelle du territoire définit les niveaux des politiques. L’articulation entre les échelles souligne la différenciation et les liaisons entre le local, le national, la grande région et le mondial. Le national, support de l’Etat et du pouvoir a été longtemps privilégié. Le mondial s’impose comme le lieu de la mondialisation économique et du droit international. Les grandes régions, supports des dimensions écologiques et culturelles, portent des projets contradictoires. Le local est le support de la proximité et de certains des liens de la démocratie.
La discussion sur la démocratie est centrale. Il s’agit de définir et de construire des démocraties réelles. Le débat est ouvert sur les formes de démocratie et leur articulation ; démocratie représentative, directe, délibérative, … La démocratie de proximité, liée à l’administration des territoires est une des formes prometteuses de la citoyenneté.
L’interrogation sur la priorité quasi exclusive donnée à la prise du pouvoir d’Etat redéfinit la transition dans le rapport entre le temps long et les ruptures. Elle donne une importance nouvelle aux pratiques alternatives et à l’émergence de rapports nouveaux dans la société actuelle. Elle dégage le municipalisme et l’économie sociale et solidaire de leur enfermement dans le réformisme et dans l’économie réparatrice.
Le municipalisme s’inscrit dans une démarche stratégique, dans l’articulation entre urgence et alternative. Dans l’urgence, les municipalités peuvent être les points d’appui des résistances à partir des services publics, des marchés publics et de l’emploi, de la citoyenneté de résidence, de l’égalité, du développement local, …
Le projet alternatif est celui de la transition. Il se cherche à travers de nouveaux concepts, de nouvelles notions : le bien commun, la propriété sociale et collective, le buen vivir, la démocratisation de la démocratie, …
L’alliance stratégique est à construire entre les institutions locales et les mouvements sociaux et citoyens (appellations plus précises que celles de sociétés civiles ou d’association). Elle permet d’envisager un renouvellement de l’action politique.
