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Un partenariat de société à société – Lilia Santana et Gus Massiah – Mundo Diplo – 2p- 20.05.2009 – Coopération, ONG

Un partenariat de société à société

Lilia Santana et Gustave Massiah
AITEC
Mundo Diplo, Brésil

Lilia Santana et Gustave Massiah
20-05-2009

Le programme de coopération entre ABONG et Coordination SUD a été un des premiers partenariats entre deux plateformes nationales d’ONG.  Ce large programme d’échange d’expériences entre organisations françaises et brésiliennes concernait plusieurs domaines. Polis, au Brésil, et l’AITEC (Association de Techniciens Experts et Chercheurs), en France, ont animé le volet urbain de 2002 à 2006. Le texte de lancement précisait « Le programme a pour objectif de créer un espace de partenariat entre les acteurs engagés dans leurs réalités nationales et ceux engagés dans la solidarité internationale, afin de favoriser de part et d’autre les liens et les synergies. Nous faisons l’hypothèse que le croisement des expériences menées de part et d’autre de l’Atlantique peuvent contribuer à la recherche d’alternatives aux politiques publiques actuelles. Il ne s’agit ni d’une aide caritative ni d’un transfert de méthodes et de technologies, mais d’une coopération équilibrée, qui se veut symétrique reposant sur des questionnements et des expériences partagées. »

Du point de vue du contenu, le programme est parti du logement et des luttes urbaines contre l’exclusion et pour le droit à la ville. Il a travaillé sur les politiques publiques et les liaisons avec les initiatives citoyennes. Il a mis l’accent sur les modes opératoires pour la conduite d’une action globale articulant l’urbain et le social. De nouvelles questions se sont posées et ont été explorées permettant d’enrichir l’analyse des pratiques innovantes et de préciser les problématiques. Il s’agit notamment de la relation entre le mouvement social, d’une part, et les décideurs et les acteurs politiques, de l’autre. Cette approche a permis de mettre en évidence la posture des mouvements sociaux, leur autonomie, leurs relations avec les autorités locales, l’articulation entre les logiques de projets et les logiques de programmes. Une autre question a été fortement mise en avant, celle des métropoles solidaires, de la relation entre les villes périphériques, les quartiers populaires et les centres-villes ; celle de l’espace public et du maintien d’un habitat populaire en centre-ville.

En quatre années, plusieurs dizaines d’associations ont été impliquées dans les activités d’échanges et de rencontres ; de visites et de débat ; de missions de terrain et de diffusion de fiches d’expérience ; de séminaires de travail ; qui ont permis de confronter les expériences et de capitaliser les échanges. Les échanges ont conduit à une clarification des termes et des enjeux liés aux projets et aux programmations urbaines. Ils ont porté sur la connaissance des contextes, l’implication des habitants, les solutions développées, les stratégies mises en œuvre, les aspects juridiques et législatifs, les modes de financements, les coopérations et les jeux d’acteurs, les relations et les coopérations institutionnelles.

L’échange d’expérience permet une grande ouverture et élargit le champ d’analyse de chacun. La compréhension des expériences menées dans des contextes différents suppose un effort d’écoute et d’ouverture important. La confrontation d’expériences issues de deux pays, de deux continents différents, permet à chacun de mettre en perspective sa propre pratique et de mener sa réflexion dans un contexte plus large. C’est aussi une occasion de dépasser le cadre d’analyse habituel et de penser le changement d’échelle : comment, à partir d’une connaissance et d’une pratique locale, réfléchir à un niveau plus global ? Commet passer du niveau local, au global en passant par le national et le régional ?

Le programme a bénéficié aux associations qui s’y sont engagées. Le programme d’échange s’est appuyé sur la mobilisation de trois cercles d’associations. Un premier cercle assez restreint, composé des pilotes de la plate-forme Franco-Brésilienne. Un second cercle composé du groupe moteur des associations locales travaillant sur le programme de visite. Un troisième cercle composé de toutes les associations et comités qui ont participé à l’accueil des missions. La mobilisation n’a pas vraiment réussi à construire un lien entre des acteurs engagés dans leurs réalités nationales et ceux engagés dans la solidarité internationale. Mais elle s’est traduite toutefois par la création d’un réseau franco-brésilien de mouvements sociaux urbains, autour de la réforme urbaine.

Le programme a permis de créer un espace de partenariat entre les acteurs engagés dans leurs réalités nationales en France et au Brésil. La plate-forme constituée a permis de renforcer le travail en réseau à l’échelle nationale. Si un tel réseau existait au Brésil préalablement à la mise en place du programme d’échange, ce n’était pas le cas côté français. Au Brésil, les Associations et les Comités d’Habitants ont pu valoriser leurs actions et les partager tant au niveau des Mouvements Brésiliens, qu’avec les associations locales, et de recevoir en retour toute la reconnaissance du travail accompli. Ils ont stimulé, et renforcé la détermination des Habitants dans la conduite de leurs projets. Ces derniers ont par ailleurs profité de cet événement pour faire valoir leurs actions dans la presse locale. En France, le programme a permis de renforcer des liens entre les associations françaises et d’impliquer des réseaux associatifs, notamment dans le Nord de la France. Au niveau international, le programme ne s’est pas élargi aux réseaux internationaux urbains ou sur le logement ou aux réseaux internationaux d’ONG. Il s’est ouvert aux réseaux internationaux de Collectivités locales, notamment le FAL (Forum des Autorités Locales) et le FALP (Forum des Autorités Locales de Périphérie) qui participent aux Forums Sociaux Mondiaux et Continentaux.

Des contacts continuent entre les associations après la fin du programme arrivé à son échéance. Le partenariat s’inscrit dans la durée. On rencontre là une des limites des programmes d’échanges qui n’ont pas trouvé les ressources et les modalités de leur pérennité.

Le programme s’inscrit dans la recherche d’un partenariat et d’une coopération de société à société.  Elle propose un partenariat entre les plate-formes nationales d’ONG qui participe au mouvement de solidarité internationale avec d’autres dynamiques celle des « familles » internationales d’ONG (Caritas, Oxfam, Amnesty, Greenpeace,  ….) et celles des campagnes et plate-formes internationales (Dette, Publiez ce que vous payez, Global Campaign Against Poverty, …). L’espace du Forum Social Mondial est la forme la plus avancée de la solidarité internationale. L’idée même de ce programme est née de la dynamique du Forum Social Mondial qui constitue un espace de partenariat privilégié et qui s’appuie sur la visibilité et la lisibilité des luttes et des initiatives.

 

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