PEntretien Euromed Gustave MASSIAH
08-04-2012
I- Légitimité de l’espace méditerranéen
- Peut-on parler d’espace méditerranéen ou bien est-ce une construction théorique ?
On peut en parler à condition de partir du principe que c’est la diversité qui le caractérise et fonde son unité. Il possède une unité historique. Peut-on pour autant parler pour l’avenir d’une identité méditerranéenne ?
- Existe-t-il une identité méditerranéenne ? Si oui quelles seraient ses caractéristiques ?
Historiquement, la méditerranée a formé un espace qui a été centre du monde. Comment définir son identité quand on n’est plus centre du monde ? Ce n’est plus le projet du monde qui caractérise cette entité, c’est un mélange de nostalgie et d’approfondissement des contradictions.
Braudel et Duby sont allés loin dans cette réflexion. Braudel définit l’identité comme le climat et le centre de la Méditerranée comme la Mer, ce qui amène à se poser la question des frontières de cet espace méditerranéen.
On peut partir du pourtour immédiat ie. les villes et régions qui bordent la méditerranée. On revient ainsi à une définition très ancienne de la Méditerranée : c’est un réseau de cités. Ce réseau perdure.
Après on peut dire que ce sont les pays qui bordent la Méditerranée, ce qui permet de revenir sur des ensembles géopolitiques. Ces pays n’ont pas d’unité d’entre eux, car ils font partie d’ensembles plus larges, très différents. La Méditerranée s’est historiquement construite sur des empires et non sur des pays et donc avec une grande profondeur spatiale et humaine. Ce sont des grandes régions qui bordent la Méditerranée, et ces régions sont multiples. Quelles sont-elles ? Il y a une incertitude voulue de ne pas trancher cette question.
Braudel décrit trois espaces (trois civilisations et pas deux, car à deux on se confronte tandis qu’à trois on fait des alliances), il y a l’espace chrétien du Nord, la rive Sud monde arabe et musulman et une 3e que l’on voit moins aujourd’hui qui est la civilisation grecque et orthodoxe et qui va jusqu’à Moscou. Cette situation confère à la Méditerranée une profondeur inédite. Il faut se réinventer quand on n’est plus centre du monde.
Glissant et Chamoiseau développent l’idée d’identités multiples de chaque individu et de chaque peuple. La Méditerranée est l’espace des identités multiples dans lequel chacun peut participer à plusieurs identités. Les peuples méditerranéens ont une plasticité permettant de se référer à des identités multiples. Un tunisien se verra d’abord comme né à Sfax par exemple, puis comme berbère puis comme maghrébin, comme arabe, peut-être enfin comme méditerranéen. Sans compter son genre, sa religion, son âge, sa classe sociale et tant d’autres références qui se recoupent. Par contre il n’existe pas d’identité euro-méditerranéenne en tant que telle car au cours des deux dernières périodes historiques longues, soit depuis la fin de l’Empire ottoman, la contradiction Nord-Sud a fortement partagé la Méditerranée dans un rapport qui est un rapport de domination et de développement inégal accentué.
La légitimité de l’espace Méditerranée n’est pas dans le passé mais peut résider dans un projet. Pour l’instant je ne vois pas de projet de la Méditerranée, il peut se construire mais n’existe pas actuellement. Les contradictions entre les rives sont beaucoup plus fortes qu’une appartenance commune. C’est ce que disait Braudel : « La Méditerranée est un espace dans lequel les autres viennent construire leur projet ». Elle a toujours un rôle mais n’a plus de projet à elle. Géopolitiquement le projet de l’Europe n’est pas méditerranéen, il est surtout centré sur l’Europe du Nord depuis la fin des années 1980, sauf comme petite compensation en réponse au projet du Grand Moyen Orient, projet méditerranéen des Etats-Unis. L’Europe se cantonne au maintien des relations c’est à dire des formes de pouvoirs.
De plus, dans la période actuelle, pour l’Europe, la Méditerranée est devenue une frontière dangereuse, une frontière d’invasion (sur une perception construite des migrations). La réponse est d’imperméabiliser les frontières ce qui est le contraire de la construction d’un espace méditerranéen.
Après 1989, il y a eu une recomposition de l’Europe y compris avec des aspects oubliés et inattendus, en particulier avec la question des Balkans qui constituent une porte d’entrée de la Méditerranée. Cette région historiquement marquée, est orthodoxe mais aussi musulmane. Nous sommes très marqués par la grandeur et la décadence de l’empire romain et on oublie souvent les siècles de gloire de l’Empire byzantin, d’une certaine manière niée parce que c’est l’Orient contre l’Occident. Les Balkans constituent un reste de cet Empire byzantin. Brutalement, avec la chute du mur de Berlin il y a une reconstruction de l’histoire avec les Balkans d’un côté et le Caucase de l’autre. Le dégel du Caucase (d’où sont venues toutes les grandes invasions qui ont construit l’Europe) est difficile à imaginer. Avec la guerre des Balkans on s’est rendu compte que les frontières de l’Europe n’étaient pas stabilisées. L’Europe ne se définit pas comme une région, on ne sait pas encore quel est son projet et c’est peut-être l’une des composantes de la crise économique : l’élargissement s’est fait sans projet partagé, il s’est fait sur une base économique et sur une base de suprématie de l’Europe du Nord par rapport à l’Europe du Sud. L’idée d’une union méditerranéenne fondée sur une entente Nord Sud, n’a à mon avis pas de fondement car on ne sait pas quelle partie de l’Europe est concernée, quelle est la place de l’Europe balkanique face à l’Europe latine et parce que cette idée fait comme si l’opposition Nord Sud au sein de l’espace méditerranéen n’existait pas.
- Les révolutions arabes modifient-elles la perception de cet ensemble méditerranéen ?
Nous sommes dans une rupture qui a deux éléments majeurs :
En premier, elle marque la fin du néolibéralisme : la crise financière, économique, sociale et écologique ouvre l’épuisement du néolibéralisme comme fin d’une phase, d’un cycle du capitalisme. Quand un cycle s’achève le cycle suivant n’est pas prédéterminé, on est donc dans une incertitude. Quelle est la place de la Méditerranée dans cette crise ? Ce qu’il y a de particulier dans cette crise, ce sont les quatre dimensions qui s’y imbriquent, au-delà de la crise financière dont la sortie n’est pas difficile en principe.
1) Première dimension : crise des inégalités sociales. Tel est l’affrontement actuel sur la sortie d’une crise. Dans une sortie de crise, il y a trois options :
- faire payer la crise aux pauvres, et s’ils le refusent, passer par la guerre ou le fascisme
- moderniser le capitalisme. On a développé le New Deal dans les années trente et aujourd’hui on parle de « Green New Deal ».
- Construire une rupture comme on a vu pendant la crise des années 30, aux moments de la Révolution de 1917 ou de la décolonisation.
- Seconde dimension : crise démocratique, des libertés, c’est une crise idéologique.
- Crise géopolitique, celle de l’hégémonie du bloc dominant américain et européen. Cette troisième dimension introduit beaucoup d’incertitudes par rapport à une gestion sociale de la crise. Le dernier G20 est très clair : la Chine, le Brésil et l’Inde se sont, d’une certaine manière, abstenus et ne veulent pas prendre en charge la sortie de crise, considérant que la responsabilité de la crise est d’abord occidentale. Cette crise géopolitique passera notamment pas des rééquilibrages monétaires.
- Enfin, une crise écologique : Braudel affirmait que l’économie–monde est entrée en contradiction avec l’écosystème planétaire et que c’est la première fois dans l’histoire de l’humanité. C’est une crise à la fois des modes de production et de consommation mondiaux.
C’est une crise de la modernité occidentale jusque dans ses formes scientifiques donc c’est une crise de civilisation. La différence avec ce que nous vivions il y a 10 ans, c’est la prise de conscience de la crise. C’est sur l’Europe que pèse la crise géopolitique, le G2 (Etats-Unis et Chine) enlève à l’Europe sa profondeur et sa capacité à écrire les règles.
Ce premier élément de rupture met en crise profonde l’Europe qui a perdu son statut de puissance dominante évidente.
Le 2e élément de rupture tient dans la réponse des peuples à la crise : ça commence en Tunisie et en Egypte. C’est un nouveau cycle de luttes et de révolutions. Ces insurrections apportent beaucoup d’éléments nouveaux :
1) Elles éclairent les structures sociales et en particulier la question des couches dirigeantes. Cela montre que ce sont des oligarchies rentières qui ont pris le pouvoir dans les bourgeoisies. Le capitalisme s’est concentré dans des clans affairistes. Ces clans se sont beaucoup isolés des populations et on retrouve l’illustration de cet isolement à travers la maxime du mouvement Occupy Wall Street : « vous êtes 1% ». Ce sont des clans qui sont arrivés par l’armée (donc l’armée peut les remplacer). Ils ont donc voulu se prémunir de l’armée en marginalisant l’armée et en construisant des milices et des services spéciaux. Ils ont également privatisé. Il y a une faiblesse de ces oligarchies. C’est ce que révèlent les insurrections en mettant en avant les mots d’ordre d’« urgence sociale » et de refus de la « corruption ».
2) Elles éclairent aussi l’évolution très profonde des sociétés du Sud. On a maintenant des sociétés scolarisées et ceci a eu deux conséquences : l’exode massif des cerveaux et de la main d’œuvre qualifiée. Les sociétés ne sont plus isolées car une partie de la classe d’âge de la jeunesse est ailleurs mais garde le contact. Ceux qui ne sont pas partis sont les chômeurs diplômés. Ils constituent une nouvelle alliance de classes entre les enfants des couches populaires et ceux des couches moyennes. Au-delà des pays arabes, on les retrouve au Chili, en Angleterre, en Croatie…Wallerstein a donné une interview à Al Jazeera qui défend la thèse que dans les révolutions arabes, on retrouve une partie de Mai 68 et une nouvelle culture politique qui est issue en partie de la scolarisation.
3) D’une certaine manière les grandes évolutions, au niveau des idées et des valeurs, se font au niveau des régions, même si les issues politiques sont nationales Les grandes démocratisations se font par grandes régions. Ça démarre en Tunisie et en Égypte – la forme est nationale - mais les idées circulent au niveau de la région. Ce sont ces mouvements qui construisent les régions. On avait tendance de différencier le Maghreb et le Machrek. Aujourd’hui on aimerait dire « il y a le Maghreb-Machrek ». Le slogan égyptien par exemple, c’était « Tunis ya Habibi » ; « Tunis mon amour ».
Ce dont est porteur ce nouveau cycle de révolutions n’apparait pas immédiatement. Le bon exemple est 1848 en Europe : sans Internet, en quelques jours, il y a des insurrections partout en Europe. Elles sont écrasées dans le sang partout dans les trois ans. Mais, quinze ans après, ce qu’il y avait de nouveau dans ces mouvements, les Etats-nations, s’impose partout.
Ce qui se joue dans les révolutions arabes c’est la sortie des dictatures et le début d’une phase de démocratisation. Une part de ce qui est nouveau cherche son chemin à l’échelle des régions. En Europe du Sud, il y a une trentaine d’années, les sorties des dictatures ont été rattrapées par des régimes ralliés au néolibéralisme qui ont montré les limites de la démocratisation. Cette situation dévoile l’impasse européenne, l’évolution de la nature de l’Europe et la nécessité de la réinventer. L’Amérique Latine est sortie des dictatures il y a moins de trente ans. Il s’en est suivi la mise en place de démocraties bourgeoises qui ont développé des modèles de croissance néolibéraux socialement inégalitaires et des formes limitées de démocratisation politique. Les Etats-Unis ont accompagné, et contrôlé, le passage des dictatures aux démocraties bourgeoises. Mais, dans ce processus, de nouveaux mouvements sociaux et citoyens se sont développés, modifiant la situation dans de nombreux pays et dans la Région.
La période immédiate dans la Région Maghreb-Machrek est celle de la démocratisation. Elle passe par l’affrontement avec les forces encore vivaces des régimes dictatoriaux, particulièrement des milices et des polices, de la définition de la place des armées et des appareils militaires et de l’invention de nouvelles formes démocratiques en liaison notamment avec l’évolution de l’islam politique.
Pour la Méditerranée on a une région Maghreb-Machrek. Chaumont disait que le peuple est le produit de l’histoire de ces luttes (son identité ne se réduit pas au territoire et ne se résume pas aux frontières…) ; la région aussi. La région est en train de se construire et y compris contre ses notables et ses partis. Ce cycle a ses spécificités au Maghreb Machrek mais il a traversé la Méditerranée pour se retrouver en Espagne, au Portugal, en Grèce et ailleurs. On ne l’a cependant pas retrouvé au même niveau en Italie et en France, peut être parce que la politique y adopte des formes plus institutionnelles.
La spécificité de ces révoltes tient dans ce qu’il y a eu un dévoilement du rôle des dictatures. Celles-ci avaient quatre rôles :
- Garantir l’accès aux matières premières (donc faire fonctionner un système mondial rentier)
- Garantir les traités militaires et notamment avec Israël
- Contrôler l’immigration
- Contenir l’islamisme, présenté de manière récurrente comme la justification des dictatures.
Ce qu’il y a de nouveau c’est que la démocratisation repose d’une façon nouvelle la question des rapports entre islam et démocratie. Les mouvements les plus islamistes n’ont pas initié le mouvement. Les Frères musulmans sont divisés en quatre courants. Enharda, en Tunisie, est aussi divisé. Les partis islamistes ne représentent plus toute la société alors que leur prétention idéologique c’est de représenter toute la société. Avant on expliquait que la seule façon de ne pas avoir un pouvoir totalitaire c’était de les éradiquer. Ces quatre rôles des dictatures expliquent pourquoi il n’y a pas d’accord des peuples des deux rives sur un projet commun et donc pas de projet méditerranéen.
- Comment faire un accord entre les peuples ?
Au niveau de la Méditerranée, une des manières d’aller vers un projet des peuples c’est déjà de chercher à résoudre les conflits qui divisent la méditerranée.
- La Palestine
- L’Irak
- La question kurde
- La question sahraouie qui empêche la construction du Maghreb
- Les Balkans
- Chypre (même si c’est en voie de résolution)
L’évolution de la Turquie est cruciale dans la Région. Jusqu’à récemment, la région était marquée par la concurrence pour la place de leader régional, compris pendant longtemps comme la reconnaissance d’une situation de sous–impérialisme. Cette situation permet de comprendre la course au nucléaire. Pour être reconnu comme leader régional, il fallait ou bien être adoubé, militairement, par les Etats-Unis ou alors démontrer sa capacité à s’imposer et pour cela, posséder une bombe nucléaire. La question se pose aujourd’hui différemment avec les révolutions arabes ; elle avait déjà changé avec l’évolution de la Turquie. Le refus de l’Europe d’entériner l’entrée de la Turquie a amené la Turquie à se retourner vers ses voisins arabes et à commencé à reconsidérer sa position par rapport à Israël. L’évolution de l’Iran pourrait être facilitée par une réduction de la crainte de l’encerclement par l’Irak, l’Afghanistan et la Turquie. La possibilité d’une autonomie de la Région pourrait s’appuyer sur l’Egypte, l’Iran, l’Irak, la Syrie et la Turquie.
Par ailleurs, l’évolution de l’AKP en Turquie, en démontrant qu’il n’y avait pas de fatalité dans l’évolution des partis islamistes, a fortement contribué au printemps arabe. L’évolution de l’Islam politique sous ses différentes acceptations est une des questions majeures. Plusieurs facteurs peuvent déjà être soulignés. Les partis se référant à l’Islam ont rejoint les mouvements mais n’en ont pas été à l’origine, ils doivent apprendre à tenir compte des autres courants des sociétés. Ces partis acceptent aujourd’hui de se confronter à l’exercice du pouvoir. On retrouve une position qu’avait défendu, il y a vingt ans, Raymond Benhaïm dans une réflexion du Cedetim en considérant que « l’islamisme est une étape et une des formes de la sécularisation de l’Islam ».
Le néolibéralisme est en crise, cette phase de la mondialisation capitaliste est épuisée. Pour l’instant les fractions les plus conservatrices gardent le pouvoir et organisent les affrontements et les fractions modernistes n’arrivent pas à s’imposer. Dans le rapport de la commission des Nations Unies qu’il a présidé, Joseph Stiglitz propose une recomposition de la mondialisation à partir des régions avec des marchés régionaux et des monnaies régionales. Avec le marché mondial actuel, il n’y pas de place pour un Euro-Med. Si on arrive à des constructions régionales, on peut arriver à des régions autonomes qui peuvent se concerter et se coordonner et on peut arriver à définir des règles internationales qui auraient pour objectif de réduire les inégalités entre les zones. Dans l’ordre international actuel n’oublions pas que la question des matières premières reste essentielle. N’oublions pas que Clinton affirmait : « Nous avons le droit de garantir l’accès à nos matières premières même quand elles ne sont pas dans notre territoire ».
II- Bilan de l’Euro-med
- Comment les BRIC et les Etats-Unis perçoivent l’espace méditerranéen ? Un pré-carré européen ? Un ensemble de marchés et de pays stratégiques à conquérir économiquement ?
Dans les pays émergents, ce ne sont pas des bourgeoisies d’affaires contrôlées de l’extérieur qui dominent. Le bloc dominant est constitué par une alliance entre la bourgeoisie d’Etat, une bourgeoisie privée nationale et des représentants de la bourgeoisie internationale qui font partie de l’alliance mais qui n’y sont pas dominants.
Dans les années 30, la fraction mafieuse a failli prendre le contrôle du capitalisme américain. Il a fallu une guerre interne forte contre les mafieux pour les empêcher de contrôler tout le capital. Aujourd’hui, qui va faire la guerre contre les mafieux au niveau mondial ? Les mafieux sont tous ceux qui vivent de la rente, de la spéculation et qui contrôlent les Etats.
Un projet Euro-Med construit par les pouvoirs dominants européens résultant de la fusion avec le capitalisme financier et les oligarchies locales n’est pas un projet stable.
III- Perspectives
- Sur quelles bases refonder un partenariat euro-méditerranéen ? Pensez vous que la refondation de la relation euro-méditerranéenne doit s’effectuer prioritairement sur une base économique? Politique? Culturelle? Ou sur une autre approche?
Le scénario de maintien d’une mondialisation de type néolibéral est catastrophique car il ne peut se traduire que par des guerres et des catastrophes. On peut s’appuyer sur un autre scénario de régions autocentrées, développant des coopérations. Pour que la coopération soit possible il faut définir une régulation internationale nouvelle qui prenne en compte des questions de gouvernance mondiale lesquelles ne peuvent être résolue à des échelles régionale ou nationale. C’est ce qui permettra la mise en place de formes de coopération entre les régions. Prenons pour exemple la question des migrations ou celle du climat. Il faut les appréhender à l’échelle globale même si les applications seront nationales ou locales.
IV- Question plus personnelle
- Qu’est ce que la Méditerranée pour vous ? Donnez trois mots pour la qualifier
C’est mon espace d’origine, c’est l’idée de la diversité, des souks, des marchés, des villes, c’est un espace d’échange et d’inattendu.
1) La Méditerranée est un espace où les personnes et les groupes se définissent par une très grande générosité. Elle peut aller jusqu’à des formes d’organisations claniques voire clientélistes. Elle est caractérisée par un amour de la vie, de la couleur.
2) C’est aussi un espace marqué par une grande impétuosité. La violence est maitrisée par le groupe. Les conflits sont prompts à éclater mais ils restent le plus souvent contrôlés et ne dégénèrent pas.
3) C’est enfin l’inattendu et l’invention qui caractérisent la créativité méditerranéenne.
Gustave Massiah est une des personnalités centrales du mouvement altermondialiste. Ingénieur et économiste, professeur à l’Ecole Nationale Supérieure d’architecture de Paris-La Villette. Il a écrit plusieurs ouvrages sur l’urbanisme et le développement. Son dernier ouvrage : Une stratégie altermondialiste, 2011, Ed La Découverte. Il a été président du Centre de recherche et d’information pour le développement (CRID) de 2000 à 2008, et vice-président de Attac-France de 2003 à 2006. Il est toujours membre du Conseil Scientifique de Attac France et membre du Conseil International du Forum Social Mondial.
