Humour et sagesse
Histoires, proverbes et citations
Gustave Massiah
Juin 2020
Sagesse et paroles d’experts
pour Sarah et Elise
La sagesse populaire est une des formes, un des langages de la philosophie. Elle se sert du sourire et du rire pour transmettre des réflexions et des savoirs. Elle utilise l’humour comme une « politesse du désespoir » (Chris Marker), s’empressant de « rire de tout de crainte d’avoir à en pleurer » (Beaumarchais). Cette sagesse populaire, on la retrouve dans les anecdotes, les citations, les proverbes et les dictons. Elle naît des situations, permet de prendre des distances, d’exprimer des résistances, avec des pas de côté et des pieds de nez. C’est une manière de relativiser, d’emprunter au raisonnement par l’absurde, de ridiculiser un argument d’autorité et l’autorité.
Les anecdotes, on les retrouve partout. J’en ai entendu des arméniennes, des bulgares, des brésiliennes, des égyptiennes, des hongroises, des italiennes, des juives, des russes, des sénégalaises, des syriennes, des tunisiennes, … Les mêmes anecdotes, sous des formes très proches, avec le goût de chaque terroir, circulent dans des situations analogues qui donnent naissance aux mêmes anecdotes.
Par exemple, j’ai entendu sur tous les continents cette histoire savoureuse.
Dans un autobus, un homme s’adresse à son voisin et lui dit pardon monsieur, seriez-vous officier ? Non ! répond le voisin. Et vous n’avez pas d’officier dans votre famille ? Mais non, persiste le voisin, pourquoi me posez-vous cette question ? Alors, fils de chien, de quel droit m’écrases-tu le pied depuis un quart d’heure !
Le passage de situations spécifiques à la recherche de l’universel qui s’y réfugie dépasse l’anecdote pour se réfugier dans les citations attribuées, parfois à tort, à des personnes illustres ou symboliques, et qui sont confirmées si elles leur vont bien. Les proverbes et dictons sont ciselés avec le temps. Ce sont les supports efficaces de l’éducation populaire.
Une histoire part souvent d’un fait divers, tourne, s’enrichit, s’épure avant de se stabiliser. Ainsi de cette histoire bulgare de l’homme qui tourne dans le désert et qui a soif. Il voit passer une caravane et demande donnez-moi à boire par pitié. Le chef de caravane lui dit, on n’a pas d’eau, mais on peut te donner une cravate ! Allez au diable dit l’assoiffé, à quoi me sert une cravate. Il marche et voit une oasis. Serait-ce un mirage ! non il voit l’eau qui scintille et se précipite. Et là, un gardien s’interpose et lui dit : on ne rentre pas sans cravate !
Cette histoire a tourné et s’est formée à Sofia deux jours après qu’on ait instauré le port de cravate obligatoire dans les restaurants.
Les bonnes histoires ont des vies longues, elles ne sont pas épuisées dès qu’elles sont racontées. On aime les retrouver. Il n’y a pas que l’effet de surprise et de la découverte. Il y a le rite de la répétition. Le plaisir de la retrouver, de la savourer comme un bon thé ou un bon café. C’est ce que prolonge cette nokta égyptienne.
Un groupe d’amis se retrouvent tous les soirs pour se raconter des histoires.
A force, ils les connaissent toutes par cœur.
Aussi, ils décident de les numéroter pour aller plus vite.
Et ils rient comme des hashashin (fumeurs de joints) à chaque histoire.
Il y en a un qui dit 32, et tout le monde rit.
Un autre dit 46 et tout le monde rit.
Il y en a un qui dit 63.
Tout le monde rit et Youssef rit beaucoup plus longtemps que les autres.
Et les autres lui demandent, Youssef pourquoi tu as autant rit.
Ah ! dit Youssef, celle-là je ne la connaissais pas.
Un recueil d’anecdotes n’est pas toujours drôle. On n’y trouve que des squelettes d’histoires, des pense-bêtes. Il y manque la saveur du conteur qui sait doser ses effets, faire durer, faire communier, attirer ceux qui l’écoutent dans des voies de passage tortueuses, faire monter la tension et préparer la chute finale avec la surprise inattendue. On raconte brièvement le mécanisme qui déclenche la surprise et le rire, mais la qualité de la recette est dans la sauce et la culture, il est dans l’assistance.
Ce qui est amorcé ici, c’est le point de départ des histoires que vous allez assaisonner à votre goût avant de surprendre un nouvel auditoire, le vôtre.
Voici une trentaine d’histoires, de proverbes et de citations. Il n’y a pas de continuité entre les textes. Chacun s’apprécie indépendamment des autres.
Ce sont quelques histoires d’experts et de scientifiques, de savants et de sages, qui montrent la capacité de ceux qui les supportent à sourire de la prétention à la supériorité que donnerait le savoir et le statut de « sachant ».
Savoirs traditionnels et technologies appropriées
Un bucheron canadien coupe du bois dans une forêt.
Un indien accroupi sur ses talons fume son calumet en le regardant.
Le bucheron se tourne vers l’indien et lui demande il va faire froid cet hiver ?
L’indien dit oui, il va faire froid !
Le bucheron coupe encore plus de bois, et redemande à l’indien tu crois qu’il va faire froid cet hiver ?
L’indien dit oui, il va faire très froid
Le bucheron coupe de plus en plus de bois et demande encore une fois, tu crois vraiment qu’il va faire froid ?
Oui dit l’indien, il va faire très très froid !
Et comment sais-tu qu’il va faire très très froid ? demande le bucheron
Et l’indien explique : quand blanc couper beaucoup bois, hiver très froid !
La science à tort et à raison
La science n’a jamais tout à fait raison, elle n’a pas toujours forcément tort
C’est pourquoi nous pouvons l’accepter à titre d’hypothèse
Bertrand Russell
La stratégie de la grande dérobade
Antoine Sawadogo, ancien commissaire à la décentralisation au Burkina Faso raconte.
En Afrique nous avons vu arriver des nouvelles ethnies très puissantes. Elles s’appellent banque mondiale, coopération française, usaid, fonds européen de développement, gtz, …
Et en Afrique nous savons que les nouvelles ethnies ne parleront pas nos langues et qu’il nous faut donc parler les leurs. C’est pourquoi nous payons des experts très chers pour qu’ils puissent comprendre les rapports qu’ils nous demandent.
Face à cette situation, les populations ont inventé la stratégie de la grande dérobade.
Quand les représentants de ces ethnies viennent nous dire : voilà ce que vous allez faire ;
les populations répondent : oui, bien sûr, pas de problème !
Quand ils reviennent deux ou trois ans après pour l’évaluation et qu’ils nous disent :
Mais, vous n’avez pas fait ce que vous aviez décidé et dit que vous feriez !
On leur répond : excusez-nous, nous n’avions pas compris !
Histoires de chasseurs
Tant que les lions n'auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse se termineront toujours à la gloire des chasseurs
proverbe africain
Apprendre à parler
Il faut trois ans pour apprendre à parler,
et une vie pour apprendre à se taire
Confucius
Le climatiseur
Deux experts internationaux entrent dans le bureau du directeur de l’élevage au Sénégal. Ils s’affalent dans des fauteuils
Ah ! monsieur le directeur, il fait bien meilleur dans votre bureau. Comment faisiez-vous pour travailler quand vous n’aviez pas de climatiseur ?
Et le Directeur de l’élevage répond avec élégance Ah monsieur, quand nous n’avions pas de climatiseur, nous n’avions pas chaud !
Comprendre pour changer
Si on ne peut rien y changer, à quoi ça sert de comprendre !
Mongo Beti (dans Trop de soleil tue l’amour)
L’expert indien de Sitting Bull
Sitting Bull à la tête des tribus indiennes prépare l’affrontement avec le général Custer. Sur sa route, il encercle un fort de l’armée américaine et avant de donner l’assaut, voudrait savoir quelles sont les forces auxquelles il va s’affronter. Il envoie un expert indien qui va examiner le fort. A son retour, Sitting Bull lui demande : Alors tu as une idée de combien ils sont dans ce fort. L’expert dit oui, ils sont 524 ! Comment es-tu arrivé à une estimation si précise demande Sitting Bull. C’est simple dit l’expert : il y a quatre tours avec une sentinelle à chaque tour, ce qui fait quatre ; puis il y a quatre remparts avec 5 soldats sur chaque rempart ce qui fait 20, soit en tout, 24 soldats ; et au milieu, il y a un monde ! il y a un monde ! au moins 500 soldats.
Mensonges
Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques. Les faits sont têtus. Il est plus facile de s'arranger avec les statistiques.
Mark Twain
Ou encore :
Il y a trois sortes de mensonges : les contre-vérités, les mensonges par omission et les statistiques
Auguste Detoeuf (Propos de OL Barenton, confiseur)
A propos des statistiques
Tous les modèles sont faux, mais certains sont utiles
George Box (statisticien britannique)
Le Calife et le cheval
Le Calife aime beaucoup son cheval. Il convoque ses trois meilleurs sages et leur dit : il faut apprendre à parler à mon cheval.
Le premier sage dit, grand Calife, ce n’est pas possible !
Qu’on lui coupe la tête dit le Calife
Le second dit, grand Calife, c’est vraiment impossible !
Qu’on lui coupe la tête dit le Calife
Le troisième dit, grand Calife c’est possible mais difficile, tu comprendras qu’il faut du temps. Combien de temps demande le Calife ? Trois ans dit le troisième sage
Je te donne deux ans et s’il ne parle pas dans deux ans, on te coupera la tête
On emmène les deux premiers pour exécuter la sentence
En passant devant leur troisième collègue, ils lui disent : tu sais bien que c’est impossible !
Ah ! dis le troisième sage, en deux ans, tout est possible, le cheval peut mourir, le calife peut mourir, moi je peux mourir et, … peut-être le cheval peut parler !
L’ignorant et le sage
L’ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit
Aristote
La vache baoulé
Houphouët trouve les vaches baoulés trop petites, il rêve de vaches normandes !
Il fait venir un grand taureau du charolais et le met avec les vaches baoulés.
Une semaine après, … rien ! Houphouët va voir le taureau et dit
La nourriture ne lui convient pas, qu’on importe du foin du Charolais !
Une semaine après, … rien ! Houphouët va voir le taureau et dit
Son étable ne lui convient pas qu’on lui construise une étable du charolais !
Une semaine après, … toujours rien !
Houphouët s’énerve et va voir le taureau et lui dit
Tu exagères, qu’est ce qui te manque, on t’a amené de la nourriture de chez toi ;
on t’a construit une étable comme chez toi.
ça nous coûte très cher et toi tu ne fais rien
et le taureau lui répond :
mais moi, je suis un coopérant, un assistant technique, je conseille, c’est tout !
Le centralisme démocratique
Ahmed et Mohammed, dans l’oasis du Fayoum, décident d’adhérer au Parti communiste égyptien
Ils sont très enthousiastes et vont à leur première réunion de section.
Le secrétaire de section dit dans son discours : n’oubliez pas que nous sommes régis par la règle du centralisme démocratique
Tu as compris dit Ahmed ! Non ! Allons le lui demander dit Mohammed
Le secrétaire de section répond à leur question et leur dit : dans le centralisme démocratique, à la critique du bas par le haut, répond la critique du haut par le bas.
Ils sortent et Ahmed demande tu as compris ? Non ! répond Mohammed
Allons demander à l’imam !
Ils vont voir l’imam et lui disent : Imam, on a adhéré au parti communiste
Quelle bonne idée dit l’imam, et ça vous plaît ?
Oui mais on ne comprend pas tout ! L’imam demande Quoi donc ?
Le centralisme démocratique. Et que vous a -t-on dit ?
On nous a dit : à la critique du bas par le haut, répond la critique du haut par le bas
Qu’est ce que ça veut dire ?
C’est simple, dit l’imam, vous allez comprendre
Mohammed monte sur le minaret. Mohammed, tu vois Ahmed en bas
Oui dit Mohammed. Alors, dit l’Imam, craches lui dessus
Et tu vois Ahmed, ça c’est la critique du bas par le haut
Maintenant, tu lui réponds !
Apprendre
Au deuxième coup de pied de l’âne, c’est toi l’âne !
Proverbe Sonrai
Le pêcheur et la Banque Mondiale
Un homme pêche tranquillement, entouré de quelques membres de sa famille
Un expert de la Banque Mondiale qui passait par là lui demande
Combien de poissons pêchez-vous par jour ?
Trois ou quatre dit le pêcheur, autant qu’il faut pour nourrir ma famille
Et combien de temps pêchez-vous chaque jour ?
Une heure ou deux heures en général
Savez vous qu’en huit à dix heures vous pourriez pêcher quatre fois plus de poissons
Et qu’est-ce que j’en ferais ?
Vous pourriez les vendre au marché ?
Et après ?
Avec l’argent, vous pourriez acheter un frigo pour mieux les vendre toute la semaine
Et après ?
Vous pourriez acheter un bateau de pêche pour en pêcher encore plus
Et après
Vous auriez des salariés et vous créeriez une entreprise rentable
Et après ?
Au bout de trente ans, vous pourrez prendre votre retraite et pêcher tranquillement avec votre famille !
Crise et préjugés
Une crise ne devient catastrophique que si nous y répondons par des idées toutes faites, c'est-à-dire par des préjugés
Hanna Arendt
La retraite de Russie
C’est une histoire qui a circulé au Caire après l’invasion du Sinai par les israéliens en 1956
Examen à l’Académie militaire du Caire
Lieutenant Ahmed, qui est le plus grand militaire de l’Histoire ?
Lieutenant Ahmed : C’est le général Koutouzoff
Quand Napoléon a envahi la Russie, il a reculé, reculé, reculé
Il a attendu la neige et lui a infligé une défaite retentissante, la retraite de Russie !
Lieutenant Mohammed, qui est le plus grand militaire de l’Histoire ?
Lieutenant Mohammed : c’est Gamal Abdel Nasser
Quand les israéliens ont envahi le Sinai, il a reculé, reculé, reculé
Et maintenant, il attend la neige !
Compter des moutons
Un berger conduit tranquillement son troupeau de moutons
Une personne en voiture s’arrête et lui dit
Si je vous dis combien vous avez de moutons vous m’en donnez un ?
D’accord dit le berger
La personne sort son ordinateur, prend des photos, fait beaucoup de calculs et dit :
Vous en avez 458. Je peux prendre un mouton
Bien dit le berger.
Le berger à son tour demande. Si je vous dis votre profession, vous me rendez ma bête ?
D’accord dit l’inconnu
Vous êtes consultant
Comment avez-vous deviné ?
D’abord vous avez répondu à une question que je n’avais pas posé !
Ensuite vous m’avez donné un résultat que je connaissais déjà !
Enfin, s’il vous plaît, maintenant, rendez-moi mon chien !
L’excuse peut être pire que la faute
Un jour, regrettant un accès d’humeur, le Calife aurait dit à son conseiller, Ibn Rushd plus connu sous le nom d’Averroes : je m’excuse !
Grand Calife, lui dit Ibn Rushd, parfois l’excuse peut être pire que la faute !
Ce n’est pas possible dit le Calife.
Je te le démontrerai un jour dit Ibn Rushd.
Quelques jours plus tard, le Calife monte le grand escalier du palais dans sa magnifique robe rouge. Averroes gravit les marches derrière lui et brusquement lui met la main aux fesses.
Mais, tu es fou Averroes ! s’écrit le Calife.
Excuse-moi grand Calife dit Averroes, je croyais que c’était ta femme !
Le pire
Ce n'est pas le pire, c'est l'inattendu qui arrive
Euripide
Le bonheur du peuple
Nasser téléphone à minuit à son ministre des Finances et lui dit ramasse tous les billets en petites coupures et rejoint moi au Palais
Aie ! Aie ! Aie ! dit le ministre ; même Nasser ! c’est terrible
Il s’exécute et arrive avec des valises pleines de billets.
Nasser lui dit : nous allons à l’aéroport ! ils montent dans un avion et tournent autour du Caire
Nasser dit alors à son ministre : est-ce qu’il vaut mieux jeter les billets par petits paquets ou un par un, de manière uniforme. Toi qui es un expert en économie, dis-moi, pour faire le bonheur du peuple, qu’est-ce que je jette ?
Et le ministre, grand expert lui dit : Si tu veux vraiment faire le bonheur du peuple, jette-toi toi-même !!!
Que faire tout seul
Un seul doigt ne peut ramasser un caillou !
Proverbe africain
La vie est un couteau
C’est une histoire talmudique
Isaac s’étiole, il déclare ne pas arriver à vivre s’il ne comprend pas quel est le sens de la vie
On lui dit, va voir Rabbi Aaron à Varsovie, il te dira quel est le sens de la vie
Il travaille dur pendant deux ans pour payer son voyage et arrive à Varsovie
Il va voir Rabbi Aaron et lui demande de lui définir le sens de la vie
Rabbi Aaron réfléchit longuement et dit : la vie est un couteau !
Isaac veut lui demander ce qu’il veut dire, mais Rabbi Aaron a une crise cardiaque soudaine et ne peut s’exprimer
Isaac est effondré, mais on lui dit : écoute, Rabbi Yohanan à New York connaît très bien Rabbi Aaron et sa pensée, il pourra t’éclairer
Isaac travaille pendant quatre ans pour payer le voyage à New York et se précipite pour voir Rabbi Yohanan
Il lui dit, je cherche le sens de la vie, et Rabbi Aaron m’a dit la vie est un couteau mais il n’a pas eu le temps de me l’expliquer, s’il te plaît de m’éclairer
Rabi Yohanan réfléchit et lui dit : Il t’a dit la vie est un couteau ? il t’a dit la vie est un couteau ! moi, je peux te dire : la vie n’est pas un couteau ! Et il refuse d’aller plus loin.
Isaac déprimé retravaille quelques années pour payer son voyage et repart pour Varsovie
Là, on lui dit que Rabbi Aaron est sorti du coma. Il se précipite et lui dit
Rabbi tu m’as dit que la vie est un couteau, et ton ami Rabbi Yohanan m’a dit que la vie n’est pas un couteau. Que faut-il comprendre ?
Rabbi Aaron, lui dit : il a dit que la vie n’est pas un couteau ! Il a dit que la vie n’est pas un couteau ! Et bien, ça peut être aussi se dire comme ça !
Le plus long des chemins
Quelle que soit la longueur du chemin, il commence toujours par un premier pas
Lao Tseu
La monnaie et le socialisme
Erevan est la capitale de l’Arménie. Pendant toute la période soviétique, on a prêté à Radio Erevan des histoires infinies sur le soviétisme. Celle ci m’a été racontée par un membre du comité central du parti communiste hongrois.
Appel à Radio Erevan : Dites-nous s’il vous plaît, quand on passera du socialisme au communisme, est-ce qu’il y aura toujours le la monnaie ?
Réponse de Radio Erevan : On nous a posé la question de savoir si quand on passera du socialisme au communisme, il y aura toujours de la monnaie. Nous sommes en mesure de répondre que non, conformément à la pensée de Marx, Engels et Lénine, quand on passera du socialisme au communisme il n’y aura plus de monnaie.
Cette réponse suscite une grande discussion et ne paraît pas très adéquate par rapport aux réformes économiques engagées depuis la NEP (la nouvelle politique économique).
Une semaine après, Radio Erevan déclare : écoutez ! nous nous sommes trompés. On nous a demandé si quand on passerait du socialisme au communisme il y aura toujours de la monnaie. Nous avions répondu non, en fait c’est oui, pour aller vers la société sans classes mais moderne, il y aura toujours de la monnaie.
Là alors, c’est le grand émoi et le débat politique se durcit.
Aussi, trois semaines après, Radio Erevan intervient à nouveau et dit :
écoutez ! On nous a demandé si quand on passera du socialisme au communisme, il y aura toujours de la monnaie. Nous avons réuni la commission des experts et consultés le comité central et nous sommes en mesure de donner une réponse qui satisfera tout le monde : Quand on passera du socialisme au communisme, certains auront de la monnaie et d’autres n’auront pas de monnaie !
Prédire l’avenir
Prédire n’est pas expliquer
René Thom
En théorie
Un jour, j’irai vivre en théorie,
Parce qu’en théorie, tout se passe bien
Dicton anglais, attribué à Pierre Desproges
Les trois savants et le chauffeur de taxi
Trois savants arrivent à New York pour un congrès scientifique. Ils sont, à votre choix, des rabbins, des imams ou peut être simplement des directeurs de recherches du CNRS. Ils s’engouffrent dans un taxi et donnent l’adresse de l’Hôtel.
Au bout d’un quart d’heure, le premier dit : moi, je ne sais rien et je ne suis rien !
Un quart d’heure après, le second dit : moi, je ne sais rien de rien et je ne suis rien de rien !
Encore un quart d’heure et le troisième dit moi je ne sais rien de rien de rien et je ne suis rien de rien, de rien !
Ils arrivent à l’hôtel et au moment où ils payent pour descendre, le chauffeur de taxi leur dit : et moi je ne suis rien, de rien, de rien, de rien, et je ne sais rien, de rien, de rien, de rien i
Et les trois savants hochent la tête et s’écrient : mais pour qui il se prend celui-là !
Tout savoir
Personne ne sait tout et tout le monde sait quelque chose
Michel Serres
Le chemin c’est le risque
Je ne sais plus si c’est dans son livre Lire aux éclats ! ou dans son livre C’est pour cela qu’on aime les libellules ! que Marc Alain Ouaknin reprend cette citation de Rabbi Nahman de Bratslav,
Le chemin c’est le risque. Ne demande pas ton chemin à quelqu’un qui pourrait le connaître, tu risquerais de ne pas te perdre !
